Le Sabre et le Goupillon

Peurs

Eh oui ! J’ai peur. Oh ! Pas de mourir sous les balles ou le couteau du terroriste. Je prends largement plus de risques chaque fois que je monte dans ma voiture ou quand je vais voir un  film de Philippe de Chauveron ou de Jean–Marie Poiré (en l’occurrence il s’agit de mourir de honte et d’ennui)… non, j’ai peur de voir mon pays sombrer dans la dissension et le chaos. C’est exactement le piège tendu par Daesh et, au-delà de notre classe politique prête à toutes les récupérations, aussi indignes soient-elles, ce sont maintenant les Français qui risquent de se laisser séduire par les sirènes du rejet de l’autre, du racisme et de la haine. C’est tellement plus facile, mais tellement plus hasardeux et dangereux

Qui sait que le discours d’Abou Bakr Al-Baghdadi, l’autoproclamé calife de l’EI, qui a annoncé que l’un des buts ultimes de l’organisation serait de marcher sur le Vatican pour y briser les croix. Discours outré de la propagande islamiste la plus extrémiste, évidemment. Mais que dire de celui tenu par nos leaders qui sans être aussi jusqu’au boutiste, n’en est pas moins alarmant et hors de propos devant l’urgence de la situation. Au Japon, quant on a un problème, on cherche des solutions. En France on cherche des responsables. Bref, il est des pays où l’on agit, chez nous on prend des postures compassionnelles, on multiplie les déclarations politiciennes et on débat jusqu’à l’asphyxie des tenants et des aboutissants de chaque faits divers, aussi cruel et dramatique soit-il. Entre le gouvernement droit dans ses bottes et qui « fait tout bien », l’opposition qui « aurait évidemment fait plus et mieux » et le FN qui « aurait tout empêché et qui a toutes les solutions, ils le disent depuis des années», le Français n’est vraiment pas gâté et doit de contenter de compter ses morts en contemplant ce spectacle aussi désolant que lamentable. Albert Camus nous l’a dit : L’espoir, au contraire de ce qu’on croit, équivaut à la résignation. Et vivre, c’est ne pas se résigner.   

Publicités

Une réponse à “Le Sabre et le Goupillon

  1. C’est cela. C’est de voir les gens se dresser les uns contre les autres et sombrer dans la folie collective qui fait peur… Les discours des politiques sont pour la plupart à côté de la plaque.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s