Tarzan

Grand spectacle sans émotion

Tarzan

David Yates s’est rendu célèbre en réalisant les derniers volets de la saga Harry Potter. On sait donc que c’est un excellent artisan et qu’il maîtrise à merveille les effets spéciaux. Il le prouve encore une fois avec cette énième adaptation du mythe de Tarzan pour le grand écran. Après avoir grandi dans la jungle africaine, Tarzan a renoué avec ses origines aristocratiques, répondant désormais au nom de John Clayton, Lord Greystoke. Il mène une vie paisible auprès de son épouse Jane jusqu’au jour où il est convié au Congo en tant qu’émissaire du Commerce. Mais il est loin de se douter du piège qui l’attend. Car le redoutable belge Léon Rom est bien décidé à l’utiliser pour assouvir sa soif de vengeance et sa cupidité… Une fois de plus, on distinguera la forme (somptueuse) du fond (assez convenu). 110 minutes techniquement éblouissantes au service d’un scénario pas forcément passionnant et d’un casting inégal. Du bon cinéma d’aventures, sans plus.

tarzan-e1458306905666

Dans ce blockbuster ambitieux, aucun animal vivant n’a été utilisé durant le tournage : toutes les bêtes sont des créations numériques. Ce choix est à mettre en parallèle avec la difficulté de gérer les animaux sauvages sur un plateau et la qualité des effets spéciaux actuels. A part les magnifiques paysages naturels du Gabon, la plus grosse partie du budget pharaonique de 180 millions de dollars est passée dans ces fameux effets numériques. Le divertissement est de toute évidence efficace. L’ensemble est rythmé et souvent impressionnant. Mais, là où le bât blesse, c’est du côté scénario. Je ne suis pas sûr du tout que le jeune public ait compris grand-chose aux enjeux géopolitiques et historiques (la base historique est vraie) tout comme aux multiples retours en arrière sur le passé de Tarzan et de Jane. Souvent confus, parfois trop elliptique, le film pâtit de l’interprétation (?) monolithique de son héros bodybuildé.

tarzan-

C’est Alexander Skarsgård qui incarne un «homme-singe» parfaitement épilé, est totalement inexpressif… au point qu’il ne suscite aucune empathie. Un comble pour un redresseur de torts. La bonne surprise nous vient de la délicieuse et craquante Margot Robbie, tout juste échappée des griffes du Loup de Wall Street, et qui se révèle ici le seul personnage sensible et plausible de l’histoire. Christoph Waltz, comme dans 007 Spectre, joue les salauds +++ avec une délectation qui confine à la seconde nature… on s’interroge dans les milieux de la psychiatrie. Quant à Samuel L. Jackson, égal à lui-même, campe le bouffon de l’aventure, ni pire ni meilleur que dans ses autres films. Donc, rien de nouveau sous le soleil d’Hollywood. On sait faire, le public (surtout jeune) consomme le film comme sa ration de pop-corn, sans réfléchir, et les intentions politiques et humanistes restent au niveau… des intentions. Du grand spectacle… un point c’est tout.  

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s