Ma Ma

Pathos & Co

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J’avoue modestement être totalement passé à côté de la filmographie de l’espagnol Julio Medem  qui, pourtant, réalise depuis 1992. A posteriori, et sans préjuger de ses autres films, je ne le regrette pas tant j’ai trouvé ces 110 minutes de drame dégoulinant extrêmement pénible. Magda est institutrice et mère d’un petit garçon de 10 ans. Elle a du mal à faire face à la perte de son emploi et le départ de son mari. Mais lorsqu’on lui diagnostique un cancer du sein, plutôt que de se laisser abattre, elle décide de vivre pleinement chaque instant. Elle profite de son fils, de son médecin bienveillant et d’un homme qu’elle vient à peine de rencontrer. De son combat contre la maladie va naître une grande histoire d’amour entre tous ces personnages.

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Julio Medem a eu l’idée de faire ce film face à une sculpture troublante, Bronze frau nº6 de Thomas Schütte, représentant une femme rampant dans la douleur et semblant porter une masse de vie et une masse de mort en elle. Tout s’explique… Il a pourtant doté son personnage principal de la fraîcheur, de l’humour, de l’authenticité, de la vitalité nécessaires pour éviter les clichés. Hélas, c’est raté. Le réalisateur à veiller à offrir un film lumineux, solaire, la musique d’Alberto Iglesias est belle (même si elle est omniprésente et très vite lassante), les interprètes semblent convaincus… et pourtant, ça ne fonctionne pas. On n’y croit pas. Car, à force de charger la barque du destin de cette femme, elle finit par sombrer. Et comme si ça ne suffisait pas, Medem égrène son film de visions symboliques pataudes (comme celle du crabe sur la plage pour nous rappeler que Magda est rongée par le cancer), redondantes et d’une naïveté confondante qui ont tendance à prendre le spectateur pour un parfait crétin. Les cadrages décalés, le montage frisant le surréalisme voire le fantastique, toute cette prétention formaliste nous éloigne du réalisme nécessaire pour nous faire croire à cette histoire de lutte contre la mort qui, disons-le tout net, ne tient pas debout une seule seconde. Un sujet fort, un traitement faible, pour un résultat trop inégal.

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Pénélope Cruz est belle, rayonnante mais finit par en faire des tonnes pour faire croire à un scénario… incroyable. Autour d’elle, les hommes Luis Tosar, Asier Etxeandia, Alex Brendemühl et le jeune Teo Planell, gravitent comme des satellites autour de l’étoile. Ce défilé de clichés sur la vie, l’amour et la mort est tellement maladroit qu’il ne parvient pas à nous arracher une larme. Ce n’est pas faute d’avoir accumulé les malheurs sur la tête de l’héroïne. Et seule Pénélope, la star, sauve un peu ce mélo lacrymal de la catastrophe. Mais, honnêtement, ça ne suffit pas.

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Une réponse à “Ma Ma

  1. J’aime beaucoup Penelope Cruz, mais les histoires dramatiques sur fond de maladie grave, j’accroche assez peu. Alors si en plus tu nous confirmes que c’est trop trop trop larmoyant, et que l’actrice en fait des tonnes, ce sera sans moi…

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