La Forêt de Quinconces

Ambition ou prétention ?

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Grégoire Leprince-Ringuet, à 28 ans, affiche déjà une très longue carrière d’acteur au cinéma, depuis Les Egarés d’André Téchiné en 2002. Cette fois, il se lance à la fois dans l’écriture et la réalisation avec cette espèce d’OVNI dont on ne sait trop quoi penser. Ondine et Paul se sont aimés. Quand elle le quitte, il jure qu’il n’aimera plus. Pour se le prouver, il poursuit la belle Camille, qu’il compte séduire et délaisser. Mais Camille envoûte Paul qu’elle désire pour elle seule. Et tandis qu’il succombe au charme de Camille, Paul affronte le souvenir de son amour passé. Conceptuelle, c’est le moins qu’on puisse dire de cette tentative de cinéma poétique qui ne me paraît pas très abouti car d’une ambition débordante. 110 minutes d’un ennui très bon chic bon genre. Marivaux, au secours !

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Le néo-cinéaste s’est basé sur ses propres poèmes pour écrire le scénario de son film. Il explique : Le scénario est né d’une suite de six ou sept poèmes que j’avais écrits il y a longtemps. Des poèmes sentimentaux, mais avec aussi des choses plus oniriques. En les rangeant dans un certain ordre, avec l’idée de les réunir dans un recueil, je me suis aperçu qu’il y avait un fil dramatique, une narration qui s’ébauchait. J’ai étoffé le récit, les personnages se sont dessinés petit à petit. Epreuve après épreuve, c’est devenu un long métrage. Le triangle amoureux contrarié entre un homme fragile et deux femmes qui se le disputent serait on ne peut plus banale si la plus grande partie du film n’était écrite en alexandrins et virait parfois au fantastique. Disons le d’emblée, aucune des deux tentatives ne convainc totalement. Bien au contraire. Et que dire de la partie purement onirique qui se révèle totalement inutile. Quant au titre, le cinéaste nous explique : Mon film est un univers mental où le personnage prend conscience que toutes les voies qui s’offrent à lui sont parfaitement droites et infinies : il est prisonnier de cette trop grande liberté. Je pense que le désordre des choses nous aide à faire des choix… (C’est clair non ?) Donc ésotérisme, folie et mystère sont au rendez-vous, mais le plaisir du public ???

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Comme à son habitude Grégoire Leprince-Ringuet marmonne pendant près de deux heures, et le fait que ce soit en alexandrins n’a pas améliorer sa diction. Pauline Caupenne et Amandine Truffy sont charmantes mais parfaitement transparentes et disent l’alexandrin comme si elles récitaient le bottin. Heureusement Maryline Canto, Antoine Chappey et surtout Thierry Hancisse, (from the French Comedy) tirent leur épingle du jeu. La magie fait long feu et le concept retombe aussi vite qu’un soufflet. Un seul moment sort de l’ordinaire, la scène de danse où la musique revisitée de Tchaïkovski explose pour notre plus grand plaisir. Mais sur près de deux heures, ça fait un peu court. Si vous avez le goût du risque, tentez l’expérience, mais il y a franchement beaucoup mieux à voir en ce moment sur nos écrans…

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Une réponse à “La Forêt de Quinconces

  1. D’accord avec la critique mais moi j’ai été un peu plus sous le charme et le public à Cannes lors de la première a plutôt bien aimé aussi

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