Love and friendship

Délicieusement « so british »

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Librement adaptée du roman épistolaire Lady Susan de Jane Austen (elle avait alors 18 ans), la comédie dramatique réalisée par Whit Stillman (dont je ne connais que l’intriguant Damsels in distress de 2012), est un véritable régal pour les yeux et les oreilles. Angleterre, fin du XVIIIe siècle : Lady Susan Vernon est une jeune veuve dont la beauté et le pouvoir de séduction font frémir la haute société. Sa réputation et sa situation financière se dégradant, elle se met en quête de riches époux, pour elle et sa fille adolescente. Épaulée dans ses intrigues par sa meilleure amie Alicia, une Américaine en exil, Lady Susan Vernon devra déployer des trésors d’ingéniosité et de duplicité pour parvenir à ses fins, en ménageant deux prétendants : le charmant Reginald et Sir James Martin, un aristocrate fortuné mais prodigieusement stupide… Venant magistralement démentir l’image un peu guindée qu’on pourrait se faire d’une comédie cup of tea, ces 92 minutes sont un festival d’humour et de cynisme. Si vous aimez le sarcasme, il est ici poussé au niveau du chef d’œuvre.

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Tourné en Irlande en seulement 26 jours, le réalisateur et scénariste a su utiliser les dialogues du roman avec bonheur, sans tomber dans la caricature d’époque. Le travail de la musique a été particulièrement soigné pour être cohérent avec l’ambiance et l’époque dans lesquelles s’inscrit l’action, l’Angleterre de la fin du XVIIIe siècle. On rit beaucoup et souvent jaune devant cette peinture caustique d’une société où l’hypocrisie règne en maître. Les dialogues ciselés, la mise en scène somptueuse, les costumes froufroutants à souhait, les décors magnifiques, et surtout le rythme vertigineux de cette comédie en font une pure merveille venue de la Grande-Bretagne… d’avant le Brexit.

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Kate Beckinsale triomphe de beauté et de duplicité dans le rôle de cette veuve sans scrupules et d’une suave perversité. Autour d’elle gravite toute une galerie de personnages plus savoureux les uns que les autres et campés avec un immense talent par Chloë Sevigny, Tom Bennett, Stephen Fry, Lochlan O’ Mearein, Jen Murray ou Xavier Samuel. Un moment de cinéma jubilatoire, un tourbillon d’esprit léger et chatoyant. A ne rater sous aucun prétexte, c’est une perle rare.

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