The Witch

Aux origines de l’horreur

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L’histoire du film est basée sur la première chasse aux sorcières de l’Amérique dans la Nouvelle-Angleterre coloniale, 62 ans avant les condamnations et mises à mort des célèbres sorcières de Salem en 1692 dans le Massachusetts. Robert Eggers a voulu faire un film sur le puritanisme et ses répercussions à une époque où les femmes étaient fréquemment considérées comme les symboles des forces occultes. 1630, en Nouvelle-Angleterre. William et Katherine, un couple dévot, s’établit à la limite de la civilisation, menant une vie pieuse avec leurs cinq enfants et cultivant leur lopin de terre au milieu d’une étendue encore sauvage. La mystérieuse disparition de leur nouveau-né et la perte soudaine de leurs récoltes vont rapidement les amener à se dresser les uns contre les autres… 93 minutes de toute beauté. Mais n’a-t-on pas sacrifié le fond à la forme ?

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Pour la forme, on va jusqu’à penser à Bergman, – ce qui n’est pas un mince compliment -, mais par contre, les inconditionnels de film d’épouvante et d’horreur seront déçus. Personnellement, j’ai été fasciné par la beauté des images, la perfection des éclairages, les costumes, les décors et le jeu des acteurs. L’envoûtement est bien là, dans le scénario comme dans les images. L’isolement, le refoulement sexuel, le fanatisme religieux et la misère vont pousser une famille entière vers la folie mystique. Pour son premier film, Robert Eggers s’est nourri de ses racines car il a grandi dans une petite ville du New Hampshire où l’on trouve encore beaucoup de fermes abandonnées, de vieux cimetières et autres lieux sinistres comme on en voit dans ce film. Il confie : L’histoire de la Nouvelle Angleterre fait partie de mon inconscient et les histoires de sorcières et de sorcellerie constituent une bonne part de mon imaginaire d’enfant. Le tournage a pourtant eu lieu au Canada en Ontario très exactement. L’angoisse est au rendez-vous, pour ce qui est de l’horreur… pas grand chose à se mettre sous la dent. Mais faut-il vraiment s’en plaindre ? Pour ma part, l’aspect psychologique envoûtant et l’esthétisme de l’ensemble m’ont comblé.

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La jeune Anya Taylor Joy est une vraie révélation. Elle porte ce film avec une sobriété et une force tout à fait remarquables. Les parents, Ralph Ineson et Kate Dickie, ne sont pas en reste dans leurs compositions de bigots du Nouveau Monde dépassés par leur propre foi.  Outre sa beauté formelle, la grande force de ce premier film, primé au Festival de Sundance (ce qui est rarissime pour un film de genre) est de ne pas répondre aux questions posées : Satan et ses suppôts ont-ils pris possession d’âmes fragiles ou cette famille est-elle victime d’hystérie collective ? Anxiogène et ensorcelant, ça vous poursuit bien après votre sortie de la salle obscure. Un des meilleurs films d’épouvante vus depuis longtemps.

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