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Où sont les monstres ?

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Sûrement pas là où on les attend. Paul Verhoeven est d’abord un spécialiste reconnu de science-fiction, Total Recall, Starship Troopers ou Robocop en témoignent. Mais on ne peut oublier le formidable Basic Instinct devenu culte depuis 1992 (24 ans déjà ! Comme le temps passe). Ce thriller glaçant, cruel et vertigineux n’est pas sans nous rappeler cet immense succès. Michèle fait partie de ces femmes que rien ne semble atteindre. A la tête d’une grande entreprise de jeux vidéos, elle gère sa vie comme ses affaires : d’une main de fer. Sa vie bascule lorsqu’elle est agressée chez elle par un mystérieux inconnu. Inébranlable, elle se met à le traquer en retour. Un jeu étrange s’installe alors entre eux. Un jeu qui, à tout instant, peut dégénérer. Alors que Verhoeven n’avait rein réalisé depuis 10 ans, le moins qu’on puisse dire, c’est qu’il revient en force avec un des films les plus troublants que j’ai vus depuis des années… Et puis, 130 minutes avec Isabelle Huppert, ça ne se refuse jamais. Quelle actrice ! Du pur bonheur !

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Voilà donc la 5ème adaptation d’un roman (dont 37,2° le matin) de Philippe Djian au cinéma. Cet ouvrage est paru sous le titre de Oh… et a obtenu le Prix Interallié en 2012. Il est amusant de constater que c’est un cinéaste hollandais basé depuis longtemps à Hollywood qui réalise peut-être le meilleur film français de l’année. Car tout est épatant dans ce thriller tourné en 12 semaines qu’on devine sacrément intenses. C’est éprouvant, pervers, amoral et dérangeant. Le spectateur est constamment déstabilisé par le personnage principal dont on a du mal à comprendre les motivations profondes. Curieusement on ne parvient pas d’emblée à ressentir de l’empathie pour cette femme, pourtant victime, et peu à peu on comprend pourquoi. Aucun des personnages n’est vraiment celui qu’on croit et le trouble s’insinue peu à peu dans cette histoire qui paraissait limpide… donc banale voire ennuyeuse. Non, ici, tout est inattendu, malsain, sulfureux, érotique et ambiguë… C’est une merveille filmée au scalpel par un maestro et servi par la plus grande de nos actrices. Il fallait à la fois du courage, du culot et un immense talent pour faire croire à ce personnage.

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Que peut-on encore ajouter sur Isabelle Huppert ? Fragile et vénéneuse, victime et bourreau, gibier et prédatrice, elle est tout à la fois. Elle ne quitte pas l’écran un seul instant et on la suivrait encore longtemps après le mot FIN. Et c’est à ce moment qu’on s’aperçoit qu’on vient de passer deux et dix minutes en sa compagnie et ça reste un privilège. A ses côtés, tout le monde est au sommet : Laurent Lafitte, Charles Berling, Anne Consigny, Virginie Efira et Judith Magre, somptueuse en mère nymphomane. Du cinéma majuscule comme on en voit peu. Que le film n’ai rien obtenu à Cannes n’est pas une surprise en soi, le thriller n’est pas un genre à séduire un jury cannois (de mémoire, je ne vois aucun film de ce type primé) mais que la reine isabelle ne soit pas consacrée meilleure actrice ??? C’est évidemment un a priori puisque je n’ai pas vu Jaclyn Rose dans Ma’RosaWait and see.

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Une réponse à “Elle

  1. J’aime bien ce genre de films. Je suis toujours preneuse pour un bon thriller…

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