Vendeur

Triste réalité

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Encore un premier film, il est signé Sylvain Desclous et c’est une très belle réussite et une des bonnes surprises du moment. Serge est un des meilleurs vendeurs de France. Depuis 30 ans, il écume les zones commerciales et les grands magasins, garantissant à ses employeurs un retour sur investissement immédiat et spectaculaire. Il a tout sacrifié à sa carrière, ses amis et ses femmes et son fils qu’il ne voit jamais… et sa santé. Portrait pudique et efficace d’un homme seul porté par un immense acteur qui se fait décidément beaucoup trop rare au cinéma. Qu’attend-on pour faire appel plus souvent à Gilbert Melki ?

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C’est après avoir vu un reportage à la télé sur le monde de la vente que Sylvain Descloux a eu l’idée de ce film et d’y montrer le prix à payer pour être parmi les meilleurs : la solitude et la pauvreté de la vie personnelle. On découvre ainsi que les très bons vendeurs sont aussi d’excellents comédiens ; pour décrocher un contrat, ils sont capables de parler pendant de des heures, de faire rire, d’émouvoir, de mentir… Le personnage central de notre vie, cyniquement efficace, comble sa solitude grâce au triptyque classique, alcool, drogue et amours tarifées. Ce drame est tourné en décor réel, donc dans de vraies zones commerciales avec son cortège de parkings, ronds-points, cafétéria miteuses, bars nocturnes et hôtels sans âme… Ce drame nous raconte un milieu de l’intérieur et gagne ainsi en crédibilité en nous faisant partager au plus intime la vie quotidienne d’un de ces vendeurs que nous avons tous croisés un jour ou l’autre. Je le répète, une vraie et belle surprise à découvrir sans tarder.

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Voilà 5 ans qu’on avait pas vu Gilbert Melki sur le grand écran. Et cet acteur discret, sobre et toujours juste, nous manquait. Il livre ici, encore une fois, une composition formidable. Il porte le film avec intelligence, nous faisant partager les forces apparentes et surtout les faiblesses cachées de d’un homme qui crève de sa solitude. Face à lui, Pio Marmai est épatant également et chaque affrontement entre ces deux acteurs est un véritable régal. Pascal Elso, Clémentine Poidatz, Sara Giraudeau, complètent avec beaucoup de bonheur la distribution de cet excellent petit film. Je ne saurai oublier la savoureuse apparition de l’ineffable Romain Bouteille. Des hommes au bout du rouleau, des problèmes de filiation pas résolues, une plongée dans un monde qu’on ignore… tout cela est passionnant et sacrément maîtrisé. Sylvain Descloux : un cinéaste à suivre.

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