Soyons brefs…

… et parlons courts

Cette chronique cinéma inhabituelle sera en forme de coup de gueule. Il y a une semaine de cela, durant le modeste festival du cinéma périgourdin auquel j’ai le plaisir et l’honneur de participer, nous avions consacré une des trois journées au court-métrage. Nous avions programmé en soirée, entre autres, deux des courts-métrages nommés aux César dont le lauréat, La Contre Allée, de Cécile Ducrocq. L’autre titre était Le dernier des Céfrans de Pierre-Emmanuel Urcun. Mon coup de gueule ne s’adresse pas à ces deux excellents films mais plutôt au sort qui leur est réservé, à la fois par les distributeurs, les programmateurs, la critique institutionnelle et, par voie de conséquence, le public.

le-dernier-des-cefrans

Disons-le tout net, le court -métrage reste la voie obligée pour mettre un pied dans le monde du cinéma. Même si le CNC et maintenant plusieurs chaînes de télévision participent à la production de ces films, même si les scénarii sont solides, même si des acteurs confirmés (comme Laure Calami) apportent leurs talents à ses œuvres généralement réalisées par de jeunes cinéastes, si l’on regarde en détails quelles sont leurs chances d’être vus par le grand public, on s’aperçoit qu’elle sont quasiment nulles.

la contre

Aucune critique, un seul festival respecté, celui de Clermont-Ferrand, et surtout pas de programmation en première partie dans une salle « normale ». Car, depuis que les complexes multisalles ont fait leur apparition et monopolisent la plus grande partie de la clientèle des salles obscures, le court-métrage n’a plus droit de cité. La suppression des premières parties, bandes-annonces et publicité obligent, au nom de la sacro-sainte rentabilité (sur une journée de 6 ou 7 séances, cette oubli (?) fait gagner une séance ou une séance et demie), fait que plus personne ne peut voir ce type de films dont certains sont pourtant de véritables bijoux. C’est le cas de ces deux demies-heures de pur cinéma, bien écrites, joliment réalisées et interprétées avec beaucoup de force, de justesse et de talent. Ne comptons pas non plus sur la télé pour réparer cette injustice. Quand certaines chaînes osent programmer des court-métrages, c’est réservé à des émissions spécialisées, diffusées à des heures tellement indues que le cinéphile, même le plus fanatique, a plongé dans les bras de Morphée depuis longtemps.

la contre allée

Mais ce qui est pire, en l’occurrence, c’est que ces cinéastes du « court », prisonniers de leur propre maison de production ou de distribution, scient la branche, déjà fragile, sur laquelle ils sont en équilibre plus qu’instable. Pour tout vous dire, l’idée de départ pour notre cinéma rural, était de programmer les quatre films nommés pour le César de la spécialité. Seuls les deux cités plus haut ont répondu et accepté notre proposition. Pour les deux autres (que je ne me donnerai même pas la peine citer), on ne peut pas dire qu’on ait essuyé un refus, ils n’ont même pas daigné répondre. On se demande encore pourquoi faire des films si on ne saisit pas la moindre opportunité de les montrer à un vrai public, dans une salle. La question reste entière.

le-dernier

Publicités

Une réponse à “Soyons brefs…

  1. J’au vu et aimé ces deux moyens métrages et apprécié des petites bijoux longs métrages qu’il faudrait aller soutenir en salle avant qu’ils disparaissent des écrans: « Dough », « Baden Baden », « Les habitants », « Comme des lions », « Merci patron! », « Les bois dont les rêves sont faits », et bien sûr, « L’homme qui répare les femmes : la colère d’Hippocrate ».

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s