Le Petit Prince

Deux films pour le prix d’un ?

LE-PETIT-PRINCE-facebook

Un film d’animation français dans le grand circuit de distribution, c’est presque devenu une curiosité. Une adaptation du roman culte de Saint-Exupéry, ça aussi, c’est une curiosité. Alors, j’ai osé aller contre mes préjugés. J’aurais mieux fait de les écouter. C’est l’histoire d’une histoire. C’est l’histoire d’une petite fille, intrépide et curieuse, qui vit dans un monde d’adultes. C’est l’histoire d’un aviateur, excentrique et facétieux, qui n’a jamais vraiment grandi. C’est l’histoire du Petit Prince qui va les réunir dans une aventure extraordinaire. Le pitch en dit long sur les intentions de Mark Osborne, un spécialiste du film d’animation (on lui doit déjà Kung-Fu Panda ou Bob l’Eponge), et de son équipe. Il y a deux films en un seul, deux styles de dessin et d’animation totalement différents… et surtout une partie parfaitement inutile dont on se serait volontiers passé. Bref, beaucoup de travail pour un loupé. Quel dommage !

le-petit-prince-19_5166661

Donc deux techniques d’animation combinées : les images de synthèse et l’animation en volume. Et pour justifier cette cohabitation, deux histoires reliées artificiellement. Durant 107 minutes, on louvoie entre les deux, ça devient vite fatiguant et même agaçant. Evidemment, on ne peut que respecter l’énorme travail des créateurs (le film a tout de même mis neuf ans à se faire) et admirer les circonvolutions mentales des scénaristes pour une mise en abyme plus que complexe, mais hélas tout cela sent le faux, le fabriqué, l’artificiel à plein nez. Certes le défi était énorme. Le roman est le livre de tous les superlatifs. Traduit dans 243 langues et dialectes, il conserve la première place en termes de ventes chez Gallimard, l’éditeur du livre. D’autre part, depuis sa sortie en 1943, l’ouvrage a été vendu à 145 millions d’exemplaires partout dans le monde, ce qui fait qu’il est aujourd’hui, après la Bible, l’ouvrage le plus traduit et le plus vendu. Il fait certainement partie des œuvres littéraires les plus compliquées à adapter et sur lequel beaucoup se sont cassés les dents (entre autres Orson Welles…). Mais quand on a dit tout cela, qu’on a décerné un satisfecit à la musique de Hans Zimmer, il reste cette désagréable impression de gâchis se refusant à n’adapter que le roman sans lui ajouter des personnages supplémentaires pour faire sans doute plus moderne, plus dans le vent de l’animation du XXIème siècle. Je me répète, dommage, car ce merveilleux roman se suffit à lui-même et n’avait nul besoin de ces scories à la mode, propres sans doute à séduire les enfants d’aujourd’hui. Efficacité oblige ! Je dois avoir passer l’âge.

Le-Petit Prince 1_0

Le casting des voix a été très soigné avec Clara Poincaré, André Dussollier, merveilleux diseur, Florence Foresti, Vincent Cassel, Marion Cotillard, Vincent Lindon, Guillaume Gallienne, Laurent Lafitte… excusez du peu ! Après toutes ces critiques, reconnaissons à Mark Osborne le mérite d’avoir conservé le message principal de Saint-Ex, Il faut continuer de rêver. Mais hélas,  le blockbuster reprend trop vite le dessus en hésitant constamment entre fable philosophique et aventures échevelées pour une fausse adaptation d’un chef d’oeuvre. Un rendez-vous manqué.

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s