Adopte un veuf

Il n’y a pas d’âge pour la coloc !

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François Desagnat, jusque là n’avait cultivé que le navet à grande échelle; en témoignent La Beuze ou Le Jeu de la vérité. Cette fois, il ose la finesse et la demie teinte, et ça change tout. Lorsqu’on est veuf depuis peu, il est difficile de s’habituer à sa nouvelle vie… C’est le cas d’Hubert Jacquin, qui passe le plus clair de son temps dans son immense appartement à déprimer devant sa télé. Un beau jour, suite à un quiproquo, sa vie va être bouleversée. Manuela, une jeune et pétillante baroudeuse à la recherche d’un logement s’invite chez lui ! D’abord réticent, Hubert va vite s’habituer à la présence de cette tempête d’énergie, qui parvient même à le convaincre de loger deux autres personnes. Entre les errements de Paul-Gérard que sa femme a quitté et les gardes à l’hôpital de Marion la jeune infirmière un peu coincée, la vie en colocation va réserver à Hubert de nombreuses surprises… 97 minutes de comédie douce amère plutôt bien troussées et qui font passer un bon moment servi par un casting sans faille.

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Cette histoire pleine bienveillance et de légèreté est centrée sur une colocation improbable entre un veuf malheureux et une jeune étudiante qui sème la pagaille dans sa vie. On peut y voir quelque chose de plus profond : l’histoire d’un homme qui n’a jamais eu d’enfant et qui tout d’un coup va devenir père… C’est rythmé, généreux et surtout plein d’une bonne humeur communicative. Cette pure comédie est évidemment dans l’air du temps mais elle parvient à en dire beaucoup de notre société occidentale contemporaine, en particulier sur la solitude qui peut frapper tous les âges et dans toutes les couches de la société. Bon, cela dit, ce n’est pas une comédie sociale, mais il y a suffisamment de finesse et de recul pour qu’on s’intéresse aux quatre personnages principaux qui vont finir par créer un microcosme aussi  inattendu que savoureux. On peut trouver le scénario un peu paresseux (et on se serait volontiers passé de l’épisode des reptiles et autres insectes…) et la mise en scène franchement plan-plan, mais l’ensemble est plus qu’honorable et la distribution au top.

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Avec d’abord et avant tout, le toujours impeccable André Dussollier. On le sait depuis longtemps, mais cet acteur est d’une finesse incroyable. Il ne force jamais le trait et fait passer toute une gamme de sentiments avec une économie de moyens confondante. Du grand art ! Mais ses partenaires ne sont pas en reste. Bérengère Krief, ébouriffante et sensible trouve là, et de loin, son meilleur rôle à l’écran. Arnaud Ducret, à contre emploi (enfin oserais-je dire) parvient lui aussi à faire preuve de finesse et de sobriété… du nouveau pour lui. Julia Platon, elle aussi, trouve ici un rôle suffisamment important et exposé, pour nous montrer de belles facettes de son talent. Citons encore Nicolas Marié parfait dans le rôle de l’ami dépassé. Malgré ses quelques faiblesses, cette comédie a reçu le Grand Prix du Festival du film de comédie de l’Alpe d’Huez cette année. Tout à fait sympathique !

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