Brooklyn

J’ai deux amours… (air connu)

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Elu Meilleur film britannique de l’année 2015, le drame romantique de John Crowley et Paul Tsan est une adaptation de la nouvelle de Colm Tóibín. Dans les années 50, attirée par la promesse d’un avenir meilleur, la jeune Eilis Lacey quitte son Irlande natale et sa famille pour tenter sa chance de l’autre côté de l’Atlantique. À New York, sa rencontre avec un jeune homme lui fait vite oublier le mal du pays… Mais lorsque son passé vient troubler son nouveau bonheur, elle se retrouve écartelée entre deux pays… et entre deux hommes.113 minutes d’un mélodrame sensible sur les tourments et les affres d’une jeune âme déchirée entre deux hommes, entre deux pays, entre deux cultures. Un film poétique sur la crise des migrants… il y a 60 ans et pourtant terriblement d’actualité.

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Certains diront que ça dégouline de bons sentiments, de belles images et de musique (signée Michael Brook) dégoulinante. Ils n’auront pas tort. On pourra avancer également que l’ensemble est un petit peu trop sage. C’est également vrai. Mais on se laisse charmer par l’histoire intense et les personnages touchants. En partie tourné dans la petite ville irlandaise d’Enniscorthy, là même où est situé le roman qui a inspiré le film, – la partie américaine étant en grande partie réalisée à Montréal à l’exception de celle de Coney Island – le film hyper classique est surtout marqué par le beau travail sur les costumes de l’héroïne dont on peut voir l’évolution à travers ses différentes tenues qui ne sont pas sans faire penser par moment à Grace Kelly jeune, mais aussi le choix des couleurs, cadres et lumières sont centraux dans le développement de la psychologie du personnage principal. Le dilemme de la jeune héroïne est parfaitement traduit et on nous permet de le partager d’un bout à l’autre de ce film plein de nuances et d’élégance.

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Saoirse Ronan, irlandaise elle même, sublime ce récit par sa puissance romanesque tranquille, faisant vivre le passage de l’enfance à la maturité de son personnage avec ce qu’il faut de désarroi, de peur et d’effronterie. Une remarquable composition pour cette jeune actrice dont même la caméra est tombée amoureuse. Les deux jeunes prétendants, Domhnall Gleeson et Emory Cohen, sont également parfaits de justesse et de pudeur. Jim Broadbent, Julie Walters, Jessica Paré, complètent le haut de l’affiche avec bonheur et talent. Somme toute, un peu de classicisme fait parfois du bien et nous permet de repenser à Douglas Sirk. Le film ne restera sûrement pas au panthéon du 7ème Art, mais il reste un bon moyen de passer près de deux heures plus qu’agréables.

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