Keeper

A keeper can’t win a game. He can only save it

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C’est pratiquement le premier long-métrage du jeune réalisateur belge, Guillaume Senez. Le moins qu’on puisse en dire, c’est que c’est une réussite. Sujet délicat, originalité du propos, belle réalisation et superbe interprétation. Maxime et Mélanie s’aiment. Ensemble, ils explorent leur sexualité avec amour et maladresse. Un jour, Mélanie découvre qu’elle est enceinte. Maxime accepte mal la nouvelle, mais peu à peu se conforte dans l’idée de devenir père. C’est maintenant décidé : du haut de leurs quinze ans, Maxime et Mélanie vont devenir parents… On pense aux Frères Dardenne, on n’est pas en Belgique pour rien, durant les 91 minutes de cette chronique forte au réalisme criant. Un cinéaste est né. A suivre…

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Le grand mérite de ce drame est ne pas être un film à message prenant position pour ou contre l’avortement ou l’adoption. L’objectif était davantage de montrer les choses comme elles existent et laisser les gens avoir leur propre opinion. Au contraire, le scénario se centre sur la thématique adolescente avec sensibilité et justesse. Tout en lumière blanche et décadrages volontaires, l’histoire saisit à rebours et avec une grande acuité les enjeux d’une grossesse à l’adolescence, à travers le prisme du père. En outre, le choix intéressant de faire du héros un futur gardien de but professionnel (d’où le titre) a permis de le confronter à ce poste assez ingrat qui en terme d’impuissance fait ici écho à son non-pouvoir face à la grossesse de Mélanie. Un film d’une rare lucidité à la conclusion bouleversante.

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Le cinéaste tenait absolument à ce que les comédiens aient l’âge de leurs personnages. Tant mieux, car cela nous offre un prodigieux tandem de jeunes acteurs avec Kacey Mottet Klein et Galatéa Bellugi, d’une sobriété remarquable. Les parents, Catherine Salée, Sam Louwick, Lætitia Dosch, ne sont pas en reste et ajoutent encore au réalisme de l’ensemble.  Voilà un premier film plus que subtil, d’une grande sensibilité et qui, malgré un sujet qui s’y prêtait, sait éviter tout pathos et tout soupçon de moralisation. Ne ratez pas ce petit événement dans le landernau du 7ème Art. On reparlera de Guillaume Senez.

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Une réponse à “Keeper

  1. C’est un film qui pourrait me plaire. Je me le note. Merci 🙂

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