Au nom de ma fille

Le combat d’une vie

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Depuis son Comme les autres de 2008, jusqu’à L’Enquête en 2012 en passant par Présumé coupable, Vincent Garenq a prouvé qu’il était un très bon spécialiste du ciné-dossier et ce ne sont pas ces 87 minutes qui me démentiront. Un jour de juillet 1982, André Bamberski apprend la mort de sa fille Kalinka. Elle avait 14 ans et passait ses vacances en Allemagne auprès de sa mère et de son beau-père le docteur Krombach. Rapidement, les circonstances de sa mort paraissent suspectes. L’attitude de Dieter Krombach ainsi qu’une autopsie troublante laissent beaucoup de questions sans réponse. Très vite convaincu de la culpabilité de Krombach, André Bamberski se lance dans un combat pour le confondre. Un combat de 27 ans qui deviendra l’unique obsession de sa vie… Résumer 30 années de combat dans le temps d’un film était une gageure que les scénaristes et le réalisateur ont relevée avec succès. De l’excellent cinéma, solide, documenté, efficace… et glaçant.

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J’avoue que, sans doute comme beaucoup de français, j’avais suivi d’un œil lointain et distrait le combat d’André Bamberski, un expert comptable ayant traqué pendant près de 30 ans le meurtrier de sa fille, résidant en Allemagne, pour permettre son jugement en France. Cette affaire fut un véritable feuilleton judiciaire entre 1982 et 2014. C’est en s’inspirant du livre d’André Bamberski, Pour que justice te soit rendue, que Garenq a construit son film. L’obstination de ce père possède une dimension héroïque, très cinématographique, sans oublier que c’est aussi une histoire de paternité. C’est en fin de compte la véracité de l’histoire et des personnages qui restent au centre du film réalisé sans effets, sans pathos et surtout sans esbroufe inutile. Tout en collant aux faits et en construisant un réquisitoire accablant contre le meurtrier, le film sublime à chaque instant l’amour d’un père pour sa fille. Impressionnant et magistral.

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Daniel Auteuil est un grand comédien, on le sait depuis longtemps, mais là, il est éblouissant et sait faire en permanence osciller son personnage entre la douceur et la folie… Sans doute son meilleur rôle au cinéma depuis bien longtemps. Face à lui, on retrouve un casting au diapason avec Sebastian Koch, Marie-Josée Croze, Christelle Cornil, Serge Feuillard, et bien d’autres. Vincent Garenq s’affirme comme le fils spirituel d’André Cayatte. On ne peut rester indifférents à la douleur et à l’obsession d’un père qui aura tout sacrifier pour faire triompher le droit et la justice. A voir sans crainte, c’est de l’excellent cinéma qui aurait fait les belles heures d’une émission télé qui nous manque beaucoup : Les Dossiers de l’écran. Mais je vous parle d’un temps que les moins de 20 ans ne peuvent pas connaître…

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