Moonwalkers

LSD Power

Moon

Le type même de la bonne idée gâchée par un scénario vulgaire et réalisé à la fourche par Antoine Bardou-Jacquet, un spécialiste de la pub… et ça se voit. N’est pas Mel Brooks qui veut ! Juillet 1969, Tom Kidman, l’un des meilleurs agents de la CIA de retour du Vietnam, est envoyé à Londres pour rencontrer Stanley Kubrick et le convaincre de filmer un faux alunissage au cas où la mission Apollo 11 échouerait. Kidman ne trouve pas Kubrick, mais il tombe sur Jonny, le manager raté d’un groupe de rock hippie. Tout les oppose, mais ils n’auront pas d’autre choix que de travailler ensemble, remplacer Kubrick, tromper la CIA, éviter les drogues hallucinogènes et sauver leur vie en montant la plus grosse supercherie de l’histoire. Tourner en dérision la théorie du complot autour de l’expédition Apollo XI et au passage égratigner la CIA, les milieux pseudo-intellos anglais des années 60, me paraissait un programme réjouissant à souhait… hélas, il y a loin de la coupe aux lèvres.

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C’est en cherchant des images des premiers hommes ayant marché sur la lune pour les montrer à son fils de 6 ans qu’Antoine Bardou-Jacquet a constaté que la plupart sont consacrées à la théorie du complot. L’une d’elles, via le documentaire The Dark Side of the Moon, voyait même Stanley Kubrick impliqué dans cette soi-disant imposture. Pour tourner en ridicule cette théorie, le metteur en scène en est venu à imaginer comment la CIA aurait pu mettre sur pied un tel dispositif. Il a ainsi écrit une dizaine de pages sur cette idée et les a présentées à un producteur. Hélas pour nous, le producteur a dit banco. Pauvres de nous et pauvre cinéma ! 107 minutes qui louchent du côté de Mel Brooks et de Tarantino… rien que ça. Dès le début, un éminent membre de la CIA décrit l’Angleterre comme étant entièrement peuplée d’homosexuels extravagants en permanence sous acide. Le pire, c’est bien l’image qui va en être donnée pendant tout le film qui se déroule dans l’ambiance psychédélique du Londres des seventies, une époque pourtant fascinante tant pour sa richesse culturelle et musicale que pour le fait que c’est un tournant, une libération, où l’on passe d’un monde gris contrôlé par des conservateurs bardés de certitudes, à un monde coloré où la jeunesse expérimente tout ce qui passe, la sexualité, les drogues, des modes de vie différents… Ce n’est pas iconoclaste, c’est outrancier, ce n’est pas trash mais simplement vulgaire. Au bout de 20 minutes, le scénariste a tiré toutes ses cartouches, et après… c’est long, mais long !

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Ron Perlman, comme sa filmographie en témoigne a enfin accepté de tourner une comédie, genre dans lequel l’acteur s’illustre peu compte tenu de son physique de dur à cuire. Mais l’idée de lâcher notre bouledogue bodybuildé dans un univers maniéré et frivole, pour bonne qu’elle était au départ, fait flop tellement rapidement qu’on en vient à plaindre le pauvre Ron. A ses côtés, Rupert Grint, enfin sorti de Poudlard, tire correctement son épingle du jeu. On aimerait le voir dans un rôle un peu plus consistant. Citons encore Robert Sheehan, Stephen Campbell-Moore, Eric Lampaert, Erika Sainte… qui complètent l’affiche. A réserver aux amateurs de grosses farces vulgaires (… il doit bien en exister) et tant pis pour les autres.

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