Room

Terrifiant

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Depuis 2007 et son film Garage, que, bien que couvert de prix, je n’avais pas trop apprécié, je n’avais rien revu de Lenny Abrahamson. Disons-le d’entrée, il frappe ici très fort avec ce qui devrait rester comme un des chocs de cette année. Glaçant, oppressant, terrifiant, ce film inspiré d’un fait divers réel ne pourra laisser personne insensible. Jack, 5 ans, vit seul avec sa mère, Ma. Elle lui apprend à jouer, à rire et à comprendre le monde qui l’entoure. Un monde qui commence et s’arrête aux murs de leur chambre, où ils sont retenus prisonniers, le seul endroit que Jack ait jamais connu. L’amour de Ma pour Jack la pousse à tout risquer pour offrir à son fils une chance de s’échapper et de découvrir l’extérieur, une aventure à laquelle il n’était pas préparé. Incontournable pour l’histoire, la mise en scène et surtout la formidable interprétation.

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Ces 120 minutes sont l’adaptation du best-seller de Emma Donoghue, qui a d’ailleurs écrit le scénario du long-métrage. L’auteure a écrit ce roman après avoir entendu parler du petit Félix âgé de 5 ans dans l’affaire Fritzl : Elisabeth Fitzl a été emprisonnée, violée et physiquement agressée par son père pendant 24 ans. En captivité, elle a donné naissance à 7 enfants tous procrées par Josef Fritzl. Hélas, les cas similaires se multiplient et le scénario s’est aussi inspiré des affaires Garrido et Kampusch. Toutes ont pour point commun l’horreur de l’enfermement forcé. Mais ce film vaut mieux qu’une simple adaptation de luxe d’un best-seller ou qu’une simple machine à Oscars. Abrahamson parvient à filmer l' »infilmable », ce huis-clos éprouvant, au delà de l’émotion. Tendre et bouleversant, ce thriller immobile ne s’arrête pas à l’anecdote, mais nous fait partager l’angoisse permanente et la difficile réinsertion du fils et de sa mère dans un monde qui n’est plus le leur depuis bien longtemps. Deux parties dans ces deux heures, certes inégales en intensité, mais qui restent un sommet de ce que le cinéma indépendant américain peut nous offrir.

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Et puis, il y a les deux héros de cette histoire sordide avant de devenir lumineuse. La mère, l’incroyable Brie Larson, « oscarisée » à juste titre pour ce rôle, Mère Courage anti glamour tous sentiments à fleur de peau. Une vraie performance ! Mais le petit Jacob Tremblay, véritable révélation de ce film, n’est pas en reste en donnant une force et un réalisme formidables à son personnage. Joan Allen, elle aussi, est remarquable comme toute la distribution d’ailleurs dont je citerai encore William H. Marcy et Sean Bridger. Mais je ne saurai oublier la musique de Stephen Rennicks, au diapason de l’ensemble… remarquable et inoubliable. Je le répète, incontournable !

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