Le temps des rêves

Spirale nihiliste

Le temps

Andreas Dresen est un réalisateur allemand peu connu en France. Il est pourtant couvert de prix à Cannes comme à Berlin. En tout cas, ces 113 minutes étaient pour moi une découverte. Allemagne de l’Est. Dani et sa bande ont grandi dans l’utopie socialiste de la RDA. Adolescents à la chute du Mur, ils vivent au rythme de la techno, de leurs rêves débridés et des allers-retours au commissariat. Lancée à pleine vitesse dans les années 90, cette jeunesse exaltée et désorientée va se heurter au destin chaotique de sa génération. Même si l’on pense à Trainspotting, on en est loin car ici, c’est la nostalgie qui domine une histoire somme toute très banale, voire triviale et d’une violence parfois aussi insoutenable qu’inutile. Glaçant !

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Une époque de chamboulements comme celle de la réunification entre l’Est et l’Ouest ne pouvait qu’inspirer un cinéaste. C’est cette période qui est au cœur du film en suivant le parcours de jeunes de l’Est vivant les premières libertés issues de cette réunification. L’écroulement commun d’un système et les chamboulements que ces effondrements ont engendré au sein de la jeunesse qui y a assisté, servent de toile de fond à une histoire banale d’ados plongés dans un univers glauque où l’alcool, la drogue et la violence règnent en maîtres. Donc si l’histoire est rabâchée, c’est le cadre « historique » qui en fait l’intérêt. Mais hélas, l’anecdote prend trop vite le pas sur l’aspect social. L’ensemble est trop maladroit et l’émotion peine à surgir de ce magma de lumières stroboscopiques, de hard-rock survitaminé (et anachronique) et d’abus de prises de vue à l’épaule vite épuisantes. A vouloir forcer la note, Dresen passe à côté de son sujet.

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Dommage, car le film est servi par des comédiens inconnus et pourtant remarquables. Parions qu’on devrait vite revoir Merlin Rose, Julius Nitschkoff, Joël Basman, Marcel Heuperman, Frederic Haselon ou Ruby O.Fee. Tous survoltés, ils croient ferme à l’histoire qu’ils nous racontent et nous feraient presque y croire. Hélas pour eux, ils sont d’un bout à l’autre submergés par une réalisation tape-à-l’œil, et un scénario trop schématique. C’est raté. Dommage, car les atouts ne manquaient pas à ce drame venu d’Allemagne.

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