Steve Jobs

Triptyque

Steve Jobs

Danny Boyle, c’est du bon et du moins bon. Souvenons-nous du meilleur avec les formidables Trainspotting et Slumdog Millionnaire. Cette fois, il nous propose le biopic le plus malin que j’ai vu depuis longtemps. Dans les coulisses, quelques instants avant le lancement de trois produits emblématiques ayant ponctué la carrière de Steve Jobs, du Macintosh en 1984 à l’iMac en 1998, le film nous entraîne dans les rouages de la révolution numérique pour dresser un portrait intime de l’homme de génie qui y a tenu une place centrale. Grâce au scénario de Aaron Sorkin, (Le Stratège, Social Network) il parvient à renouveler totalement le genre, et c’est un tour de force. Un portrait déroutant d’une des hommes les plus connus de la planète, en trois temps et beaucoup de mouvements.

In this image released by Universal Pictures, Michael Fassbender, left, as Steve Jobs and Makenzie Moss as a young Lisa Jobs, appear in a scene from the film, "Steve Jobs." The movie releases in the U.S. on Friday, Oct. 9, 2015. (Francois Duhamel/Universal Pictures via AP)

Le scénario est inspiré de la biographie de Steve Jobs rédigée à sa demande par Walter Isaacson. Le co-fondateur d’Apple a collaboré à l’écriture du livre sorti le 24 octobre 2011, soit environ trois semaines après son décès. L’originalité du propos, c’est qu’il n’y a dans ces122 minutes aucune chronologie. On a choisi de nous présenter Jobs à trois moments clés de sa carrière, ou plutôt juste avant les présentations au public de ses produits phares, : le Macintosh (1984), le NeXTcube (1988) et l’iMac (1998), à travers cinq relations conflictuelles. Le long-métrage est donc construit en trois scènes de 40 minutes concentrées sur 16 années de la vie de Steve Jobs. On a donc privilégié l’aspect psychologique en nous présentant un homme complexe et incapable de gérer ses relations avec ses proches. Le film est étourdissant, d’une densité rare et d’une tension permanente. Le seul reproche qu’on pourrait faire à ces plus de deux heures, c’est l’incroyable logorrhée qui finit par donner le tournis (voire la nausée)… je ne me souviens pas d’un instant de silence. mais chapeau bas devant l’habileté du scénario, la virtuosité technique et la qualité de l’interprétation.

Steve

Les plus grands acteurs d’Hollywood avaient été envisagés pour le rôle titre. De George Clooney à Léonardo Di Caprio en passant par Christian Bale, Tom Cruise, Ben Affleck, Matt Damon ou Bradley Cooper, tout le gratin y est passé. En fin de compte c’est Michael Fassbender qui a accepté… et tant mieux pour nous car il est impeccable. Il fait le « Jobs » ! Pour le rôle féminin de la secrétaire et fidèle confidente, là aussi, les noms de Nathalie Portman et Jessica Chastaing ont circulé avant que Kate Winslet n’accepte. Là encore, on ne peut que s’en féliciter… elle est parfaite. Elle a d’ailleurs obtenu le Golden Globe du second rôle féminin. Les seconds rôles sont également très bien distribués avec Seth Rogen, Jeff Daniels, Michael Stuhlbach, Katherine Waterstone, Perla Harney-Jardine, Ripley Sobo. Un portrait en creux qui n’épargne pas son sujet, Steve Jobs ne sort sûrement pas grandi de ce biopic fascinant de cruauté et d’ambiguïté. Le gourou du numérique tombe de son piédestal, une des icônes de notre temps se craquèle, mais quel moment rare de cinéma.

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