An – Les Délices de Tokyo

Savoureux

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Naomi Kawase (Still the water, Hanezu, l’Esprit des montagnes) est décidément une très grande réalisatrice. Son adaptation du roman éponyme est une pure merveille à déguster sans modération. Les dorayakis sont des pâtisseries traditionnelles japonaises qui se composent de deux pancakes fourrés de pâte de haricots rouges confits, « An ». Tokue, une femme de 70 ans, va tenter de convaincre Sentaro, le vendeur de dorayakis, de l’embaucher. Tokue a le secret d’une pâte exquise et la petite échoppe devient un endroit incontournable… 113 minutes qui nous décrivent ce qui est invisible dans la vie, 113 minutes d’émotion qui rendent heureux.

les délices

Naomi Kawase a écrit Les délices de Tokyo au sein de la bibliothèque d’un sanatorium dédié aux lépreux aux alentours de la capitale japonaise, un endroit idéal pour apporter plus de vérité au récit, où elle a pu longuement discuter avec les patients et se promener dans la forêt adjacente afin de s’imprégner de la lumière et de l’atmosphère. Le film prend principalement place dans la ville de Tokyo, un univers urbain tentaculaire et étouffant qui n’empêche pourtant pas de voir les arbres fleurir. Bien sûr, l’histoire est centrée sur la nourriture et ses bienfaits. A ce propos la réalisatrice déclare : Manger apaise mon esprit et me rend heureuse. Je crois qu’en mangeant bien, personne ne peut être en colère. Une bonne partie de la culture ancestrale japonaise est contenue dans ce petit miracle de cinéma : tendresse, émotion, animisme de la nature, transmission entre génération, respect des anciens… une véritable leçon de vie.

les délices de

Kirin Kiki, actrice très célèbre au Japon, irradie tout le film de son charme espiègle et de sa grâce. Elle même atteinte d’un cancer, à 73 ans, elle est la grand-mère qu’on a envie de serrer dans les bras et de protéger. Masatoshi Nagase, taiseux, mystérieux, met en place un personnage qui évolue lentement tout au long de cette fable sur la tolérance et l’amitié. La jeune Kyara Uchida complète avec talent le trio central de ce récit qui élève l’âme par sa poésie minimaliste aussi sobre que bouleversant. Apaisant et apaisé.

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