Encore heureux

Eloge de la folie

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Benoît Graffin est surtout connu pour son activité de scénariste. En effet ses deux premiers films remontent au… siècle dernier… c’est vous dire. Il nous propose ici une comédie foldingue avec comme thème central l’idée que la famille peut être un espace de folie à l’opposé de la norme. D’accord, Marie est un peu fatiguée de l’insouciance de son mari Sam, cadre sup au chômage depuis 2 ans. D’accord, elle est très tentée de se laisser séduire par ce bel inconnu qui lui fait la cour. D’accord, il y a aussi le concours de piano de sa fille… Si cet équilibre dingue et léger tient à peu près debout, un événement inattendu jette toute la famille sur un chemin encore plus fou. Ce véritable film de genre n’est pas une spécialité française d’où, sans doute mes a priori. Et, divine surprise, ces 93 minutes de folie pure tiennent parfaitement la route… et puis, quel casting !

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Bien qu’il s’agisse d’une comédie non politique, le film traite de la thématique grave et très actuelle du chômage et ses conséquences. A partir de là, le scénario dérape joyeusement dans l’immoralité en tentant de répondre à des questions cruciales : Que faire quand on a tout perdu ? N’a-t-on pas le droit de voler une pomme ? Quand Sam, Marie et les enfants décident de voler à sa mort une vieille voisine très riche, parfaitement antipathique et sans héritiers, on est avec eux ! Pourquoi n’y auraient-ils pas droit ? Ça ne fait de mal à personne, il n’y a pas de victime : cet argent irait dans les poches de l’Etat… Benoît Graffin déclare : Fondamentalement il y a quelque chose de légitime dans le vol ! Et de fou dans la propriété ! En tout cas on pense irrésistiblement à L’Argent de la vieille de Comencini… et ce n’est pas un mince compliment. Une réplique du film pour conclure : L’honnêteté c’est un concept inventé par les riches pour emmerder les pauvres.

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Venons-en au casting, qui au delà de l’idée de départ et de l’écriture précise et ciselée des dialogues, reste le principal intérêt de cette comédie. En tête le duo Sandrine Kiberlain/Edouard Baer, éblouissant. Ils nous font un numéro incroyable, elle dans le genre fantasque et loufoque, et lui, dans une composition de dépressif qui croit dur comme fer à un avenir meilleur. Ils sont en parfaite osmose pour porter ce film parfois vers des sommets qu’il n’aurait sûrement pas atteints sans eux. Ils sont la vraie raison d’aller voir cette comédie. mais je n’oublierai pas l’épatante Bulle Ogier, qu’on retrouve toujours avec plaisir. Benjamin Biolay, pour une fois supportable, mais surtout les jeunes Carla Besnaïnou et Mathieu Torloting, deux jeunes talents en herbe. Une comédie grinçante et pertinente dans l’air du temps, aussi malicieuse qu’immorale. Un moment qui fait du bien !

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