Carol

Le retour du mélo.

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Oui ! Mais quel mélo ! Todd Haynes (Loin du paradis) adapte ici le roman, The Price of Salt de Patricia Highsmith, qui traitait d’une relation lesbienne donc d’une thématique et d’un message allant totalement à l’encontre des valeurs propres à la société américaine des années 1950, un tantinet conservatrice. Dans le New York des années 1950, Thérèse, jeune employée d’un grand magasin de Manhattan, fait la connaissance d’une cliente distinguée, Carol, femme séduisante, prisonnière d’un mariage peu heureux. À l’étincelle de la première rencontre succède rapidement un sentiment plus profond. Les deux femmes se retrouvent bientôt prises au piège entre les conventions et leur attirance mutuelle. Incontestablement un des très grands films de ce début 2016.

Carol

Dans les années 50, les USA toléraient difficilement les différences. Le récit de cette relation taboue a été l’occasion pour Todd Haynes de capter le climat social de cette époque. L’histoire d’amour dépeinte dans le livre et le film s’inspire de la romance entre l’auteur Patricia Highsmith et une femme bourgeoise, plus âgée qu’elle, qui a perdu la garde de son enfant du fait de ses relations homosexuelles. Le tournage, qui  a duré 35 jours a eu lieu à Cincinnati, dans l’Ohio, parce que les immeubles d’avant-guerre et les appartements de cette ville se prêtaient parfaitement à une reconstitution réaliste de cette décennie. La photo, la reconstitution, (costumes, accessoires…) la construction scénaristique, tout est parfait dans ces 118 minutes de grand cinéma à l’ancienne. Mais on ne saurait tarir d’éloges sur les deux actrices magnifiques qui portent ce drame intimiste comme on en a peu vu depuis longtemps.


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Car pendant toute la projection on ne cesse de penser à une sorte d’affrontement entre Greta Garbo et Audrey Hepburn. Cate Blanchett, qui comme « la Divine » sait jouer et se jouer du mélo avec élégance et subtilité. Elle fait juste ce qu’il faut sans excès, sans hystérie… une très grande actrice. Je réserverai évidemment le côté Audrey Hepburn à l’irrésistible Rooney Mara, qui en est d’ailleurs pratiquement le sosie. Elle en a aussi cette grâce androgyne, cette fragilité et ce petit quelque chose qui ferait craquer n’importe qui. Malgré son jeune âge, 30 ans, on l’avait déjà très appréciée dans des rôles très différents comme  dans Millénium, Her, Effets secondaires, cette fois elle touche son Graal avec un Prix d’interprétation à Cannes. Je citerai encore pour ces quelques apparitions de Kyle Chandler, toujours impeccable. Haynes, avec une forme résolument classique et un propos très moderne, continue à s’affirmer comme le porte-drapeau du cinéma queer, sans oublier au passage de rendre un hommage appuyé au grand mélo hollywoodien.

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Une réponse à “Carol

  1. C’est beau et difficile , tendu comme un fil de soie et fluide , implacable , irrémédiable sans être ennuyeux une seconde
    Oui , un très beau film à l’ancienne mais d’une incroyable modernité par son intemporelle élégance , un film fait avec soin et servi par deux personnalités , grandes actrices

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