Joy

Le pays de tous les possibles

JOY

David O. Russell nous refait le coup de l’inoubliable mélo de Frank Capra, La vie est belle. « American for ever » semble être le maître-mot de ces longues 123 minutes qui ont tout du film de propagande. Cette fois ce n’est pas James Stewart qui est en haut de l’affiche mais la très belle et très bankable Jennifer Lawrence. A elle seule, elle vaut de voir ce film sans trop bouder. Elle vient d’ailleurs d’être couronnée aux Golden Globes. Inspiré d’une histoire vraie, le film décrit le fascinant et émouvant parcours, sur 40 ans, d’une femme farouchement déterminée à réussir, en dépit de son excentrique et dysfonctionnelle famille, et à fonder un empire d’un milliard de dollars. Au-delà de la femme d’exception, Joy incarne le rêve américain dans cette comédie dramatique, mêlant portrait de famille, trahisons, déraison et sentiments. Mais il y a beaucoup à dire de ce film, à mon avis, aussi convenu qu’inutile.

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Nous voici donc au cœur d’une histoire de serpillère magique. Il ne s’agit pas d’un épisode inconnu de Ma Sorcière bien aimée. Non ! Il s’agit de l’histoire édifiante d’une jeune femme qui a tout contre elle (nonobstant son physique parfait) mais qui va renverser toutes les adversités, triompher de tous les coups durs et qui va devenir très riche grâce à son intelligence, sa ténacité et son courage. Bingo ! Bien sûr, elle n’en voudra à personne et se servira de sa fortune pour faire le bien autour d’elle. Elle est pas belle l’Amérique ? Le tournage qui a eu lieu dans les villes de Haverhill et Boston dans le Massachusetts, sent l’excellent professionnel, qui sait raconter une histoire, reconstituer des époques différentes, donner du rythme à un film, cadrer une image, et diriger des acteurs. Alors qu’est-ce qui cloche ? Le scénario vu tant de fois, et revu ici sans surprise, même s’il parvient presque à éviter les clichés sur le féminisme, les côtés mélo et pathos, il plonge avec délectation dans la success story à l’américaine qui tient maintenant de la purge cinématographique. Bon, en même temps, c’est sorti pour Noël… sûrement un hasard !

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David O’Russel a donc fait appel (Oscar obligent) à son trio d’acteurs fétiches… et il aurait bien tort de s’en priver. Car, avec Jennifer Lawrence, (quelle actrice étonnante ! Je le dis et le répète depuis le tout premier film où elle tenait le rôle principal, l’inoubliable Winter’s Bone. Ma chronique date de février 2011… elle était plus qu’élogieuse)  Robert De Niro et Bradley Cooper, il joue gagnant à tous les coups et nous avec. Un clin d’œil ravi au passage à la revenante Isabella Rossellini. C’est sûr, on ne s’ennuie pas durant plus de deux heures, mais personnellement je n’ai pas eu ce coup de cœur qui me convainc ou le subjugue. Désolé, j’apprécie le travail du cinéaste, j’applaudis à la performance des acteurs, mais j’en ai marre de ces biopic qui tournent systématiquement au panégyrique édifiant ou à l’éloge tapageur… Bon, c’est pas le tout, il faut que j’aille m’acheter un balai auto-essorant, moi !

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