Les 8 salopards

Les dix petits nègres au Far West

8 S

Le grand Quentin Tarantino a encore frappé… et frappé fort. Evidemment, et comme à chacun de ses films, il divise la critique et les spectateurs. Je vous préviens tout de suite, je suis fan… mais pas aveugle. Quelques années après la Guerre de Sécession, le chasseur de primes John Ruth, dit Le Bourreau, fait route vers Red Rock, où il conduit sa prisonnière Daisy Domergue se faire pendre. Sur leur route, ils rencontrent le Major Marquis Warren, un ancien soldat lui aussi devenu chasseur de primes, et Chris Mannix, le nouveau shérif de Red Rock. Surpris par le blizzard, ils trouvent refuge dans une auberge au milieu des montagnes, où ils sont accueillis par quatre personnages énigmatiques : le confédéré, le mexicain, le cowboy et le court-sur-pattes. Alors que la tempête s’abat au-dessus du massif, l’auberge va abriter une série de tromperies et de trahisons. L’un de ces huit salopards n’est pas celui qu’il prétend être ; il y a fort à parier que tout le monde ne sortira pas vivant de l’auberge de Minnie… La première affiche dévoilée pour le film, une diligence laissant une traînée de sang dans son sillage, si elle donne le ton de ces 188 minutes « tarantinesques », ne laisse pas envisager la grande originalité de ce western étonnant et… détonant !

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C’est évidemment un pur huis clos (les quelques échappées dans les merveilleux décors du Colorado enneigé ne changeant rien à l’affaire), une sorte de théâtre des horreurs. Le Grand Guignol dans l’Ouest américain. C’est certain, Tarantino nous propose 188 minutes (que d’aucuns trouvent insupportablement trop longues) de théâtre filmé. Oui mais avec quel talent, quelle maestria, quelle virtuosité. Les mêmes pisse-froid, ne comprennent pas l’utilisation de l’Ultra Panavision 70mm, format qui n’avait plus été utilisé depuis 1966 !!! C’est pourtant simple, ça permet d’embrasser le décor dans son ensemble et, comme au théâtre, le spectateur participe en tournant le regard de droite et de gauche, observant ainsi ce qu’il choisit. On passe donc une bonne partie du temps à se demander quel personnage est bon et quel personnage est mauvais, et ils ont tous un passé trouble qui se révèle progressivement. Rassurez-vous, et comme le titre nous le laisse entendre, il n’y a pas un personnage pour rattraper l’autre. C’est un bourbier de haine, de violence, de lâcheté et de fourberie. Mais comme toujours chez le réalisateur de Pulp Fiction ou Django Unchained, il y a une part de réflexion dans le propos. En réunissant des ex protagonistes de la Guerre de Sécession, on repeint en couleur sang une page de l’Histoire des Etats-Unis… et pas forcément la plus glorieuse.

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C’est donc avant tout un film d’acteurs. Et avec Samuel L. Jackson, Kurt Russell, Jennifer Jason Leigh, Walter Goggins, Michael Madsen, Tim Roth, Demian Bichir, Bruce Dern, Channing Tatum, on est plus que gâtés. Chacun y va de son réjouissant numéro de cabotinage. Et c’est réjouissant au delà du possible. Habileté du scénario, virtuosité du réalisateur, génie de la plupart des acteurs, dialogues ciselés d’humour noir percutant. Requiem gore sublimé par la musique d’Ennio Morricone. Que demandez de plus ? Je sais, il est de bon ton dans une certaine presse de critiquer systématiquement Tarantino. Comme le disait un sage, les critiques sont comme les eunuques, ils avent comment il faut faire, mais ils ne peuvent pas.

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