Au cœur de l’océan

Avis de tempête

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Il s’agit de l’adaptation cinématographique du roman In the Heart of the Sea de Nathaniel Philbrick. L’écrivain s’est basé sur les mésaventures de l’Essex, lesquelles avaient également inspiré le roman culte d’Herman Melville Moby Dick. Philbrick avait, en 2000 grâce à cet ouvrage, remporté le prix du National Book Awards. Après Da Vinci Code plutôt maladroit et sans inspiration, les plus estimables  Apollo 13 ou Un homme d’exception, et l’excellent Rush de 2013, .Ron Howard s’attaque à ce monument de l’aventure fantastique. Hiver 1820. Le baleinier Essex quitte la Nouvelle-Angleterre et met le cap sur le Pacifique. Il est alors attaqué par une baleine gigantesque qui provoque le naufrage de l’embarcation. À bord, le capitaine George Pollard, inexpérimenté, et son second plus aguerri, Owen Chase, tentent de maîtriser la situation. Mais face aux éléments déchaînés et à la faim, les hommes se laissent gagner par la panique et le désespoir… Encore une fois, après ces 122 minutes, je distinguerai la forme et le fond. La forme est brillante, voire bluffante… mais le fond…

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Il faut reconnaître qu’au-delà les scènes d’action, tempêtes, chasse à la baleine ou naufrage, le scénario est basé sur des recherches très précises. Tout d’abord, ce film ne fait pas l’apologie de la chasse à la baleine, au contraire, il en montre toute la brutalité. Au début du XIXe siècle, ce commerce concernait surtout l’huile de baleine avant qu’on ne découvre comment creuser des puits d’extraction dans le sol pour exploiter le gaz naturel et le pétrole. L’huile de baleine alimentait l’éclairage en Amérique et en Europe, l’armature des berceaux était en os de baleine, et les meubles, les corsets et toute une gamme de produits du quotidien étaient dérivés de cette industrie. Mais la vie des hommes qui embarquaient à bord des baleiniers n’avait aucune valeur : ils se résumaient le plus souvent à une ou deux lignes dans les comptes d’exploitation d’une entreprise. Tous ces aspects documentaires sont certes  évoqués, mais cèdent trop vite le pas au récit et à l’action pure. On peut sans doute le regretter. L’aspect social que l’on retrouve dans l’affrontement entre le capitaine « bien-né » mais incapable et son second qui appartient à la classe ouvrière et possède les qualités et les compétences sont elles aussi par trop escamotées. A aucun moment, Ron Howard n’oublie qu’il réalise un film d’action pour grand public… le sacro-saint blockbuster.

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Côté casting, c’est grand luxe avec une brochette d’acteurs très concernés et plausibles. Beaucoup de talents à l’écran avec Chris Hemsworth, Benjamin Walker, Brendan Gleeson,Tom Holland, Cillian Murphy, Ben Wishaw, tous impeccables dans des costumes, des décors et des éclairages plus que soignés. Je le répète, si le fond m’a un peu déçu, la forme est éblouissante. Et le suspense qui tient en haleine à de quoi vous… harponner de bout en bout. Du beau boulot spectaculaire mais sans finesse. Du film à l’ancienne, solide, classique mais à l’ambition limitée. Mais on peut se laisser aller au plaisir du cinéma pur. les amateurs de dimension métaphysique repasseront.

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