Le grand jeu

De nos jours, on vit et on meurt à l’intersection de beaucoup de mystères

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Plusieurs fois primés pour ses courts-métrages, Nicolas Pariser écrit et réalise ici son premier « long »… et c’est une complète réussite. Pierre Blum, un écrivain de quarante ans qui a connu son heure de gloire au début des années 2000, rencontre, un soir, sur la terrasse d’un casino, un homme mystérieux, Joseph Paskin. Influent dans le monde politique, charismatique, manipulateur, il passe bientôt à Pierre une commande étrange qui le replongera dans un passé qu’il aurait préféré oublier et mettra sa vie en danger… Tout est ici mystérieux, parfois abscons (comme cette phrase extraite du dialogue et que j’ai choisie comme sous-titre) et, à aucun moment, le film ne livrera ses secrets. Une vraie et belle surprise.

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Vaguement inspiré de l’affaire Tarnac qui avait défrayé la chronique il y a dix ans, ce thriller politique très ambitieux car, construire un récit mêlant l’appareil d’État français, la police et des militants d’extrême-gauche en France, relevait un peu de la gageure. Défi relevé haut la main. Mais au-delà du suspense et de la tension permanente qui plane sur ces 100 minutes, on y parle aussi beaucoup de littérature. Le désenchantement général de cette histoire est accentuée par les lumières doucement brumeuses qui enveloppent l’image en permanence. Très vite on est gagné par le même trouble paranoïaque qui envahit le personnage central du film. En résumé, un premier film bien écrit, brillamment dialogué, habilement mis en scène et enfin admirablement interprété… Que demander de plus ?

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André Dussolier réussit une performance étonnante en campant un méchant qui nous est aussi sympathique que le héros. C’est un immense acteur. Mais Melvil Poupaud, assurément dans son meilleur rôle à ce jour, s’avère tout à fait à la hauteur. Clémence Poésy comme Sophie Cattani sont parfaites elles aussi Les apparitions d’Antoine Chappey, en homme de l’ombre, sont également à remarquer. Entre polar et mélo, le film se nourrit de paradoxes et d’une réflexion passionnante sur la manipulation des masses et sur l’engagement politique. Loin des blockbusters intersidéraux, replongez dans ce que le cinéma d’auteur français peut proposer de meilleur et d’intelligent.

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