Le Pont des espions

La guerre de l’invisible

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Steven Spielberg à la baguette + Matt Charman et les Frères Coen à l’écriture +Thomas Newman au pupitre (remplaçant pour la première fois depuis 1985, John Williams souffrant) +Janusz Kaminski à la photographie = 132 minutes de grand cinéma. James Donovan, un avocat de Brooklyn se retrouve plongé au cœur de la guerre froide lorsque la CIA l’envoie accomplir une mission presque impossible : négocier la libération du pilote d’un avion espion américain U-2 qui a été capturé. Une perle de plus dans la longue série de films d’espionnage en 2015. Et certainement une des plus brillantes. On est loin des cascades, des poursuites ou des gadgets de 007 Spectre ou de Mission Impossible, mais croyez moi, le fond est ici beaucoup plus important que la forme. C’est du grand Spielberg, fascinant, palpitant et… humain. On se réjouit déjà à l’avance quand on sait que ce maître du 7ème Art 9 films en projet sur sa table de travail !

Le pont des

Situé au début de la Guerre Froide, le film s’inspire de l’histoire vraie de James Donovan, un avocat spécialisé dans les assurances qui s’est fait engager par le gouvernement américain pour défendre un espion russe, Rudolf Abel. Alors que Donovan était réticent à accepter ce travail, de peur de devenir une cible en ces temps de paranoïa, il a fini par prendre la défense d’Abel par fidélité pour ses principes. Pendant le procès, Donovan et Abel ont développé un lien inattendu basé sur le respect mutuel et l’engagement pour leurs idéaux. L’avocat américain ignorait encore qu’il allait affronter une le véritable guerre de l’invisible. Le père de  Spielberg ayant lui même participé à un échange pendant la Guerre Froide. (Il était parti en tant qu’ingénieur en URSS, juste après que Francis Gary Powers soit tué, alors que la tension entre les deux nations était au plus haut et il a profondément ressenti l’hostilité envers les Américains. Son récit a évidemment inspiré le scénario. Le tournage a duré près de 12 semaines dans divers pays comme les Etats-Unis, l’Allemagne, et la Pologne. L’équipe du film a souhaité se rendre là où les évènements historiques ont vraiment eu lieu. Tout est superbement réaliste dans ce film magnifique, les décors donc, mais aussi les costumes et les éclairages. Une autre idée très forte, l’absence totale de musique durant les 20 premières minutes tendues et haletantes. Un chef-d’œuvre de plus avec ce film à l’ancienne, d’un classicisme assumé qui nous replonge dans une des périodes les plus troubles de l’Histoire contemporaine.

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Tom Hanks est ici dirigé pour la 4ème fois par l’immense Spielberg. Est-il utile de préciser qu’il est encore une fois impeccable ? Mais la composition ahurissante de Mark Rylance n’est pas pour rien dans la qualité de ce thriller. Amy Ryan, Alan Alda, Scott Sheperd, Sebastian Koch, apportent à leur second rôle toute l’épaisseur nécessaire pour qu’il n’y ait ni faiblesse, ni temps mort durant ces 132 minutes qui paraissent bien courtes. Alors qu’Hollywood a perdu l’habitude de produire un cinéma aussi ambitieux, celui-ci est magistral, efficace… bref, incontournable !

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