Ixcanul

Au pied du volcan

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Quelle époque formidable pour le cinéphile que ce dernier trimestre de l’année. En effet, c’est le moment où arrivent sur nos écrans tous les films primés par les différents festivals européens comme Cannes, Venise ou encore Berlin. En ce qui concerne cette dernière capitale, je vous ai parlé il y a peu, du formidable El Club , du chilien Pablo Larrain. Voici le film qui a obtenu le Prix Alfred Bauer (un des Ours d’Argent du Festival de Berlin), un drame venu du Guatemala et réalisé par Jayro Bustamante. Maria, jeune Maya de 17 ans, vit avec ses parents dans une plantation de café sur les flancs d’un volcan, au Guatemala. Elle voudrait échapper à son destin, au mariage arrangé qui l’attend. La grande ville dont elle rêve va lui sauver la vie. Mais à quel prix… Encore un premier film qui tutoie les sommets. Original, terriblement réaliste, bouleversant et esthétiquement très réussi… encore une perle venue d’Amérique latine !

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Le mariage arrangé est une pratique que le cinéaste qualifie de répandue et qui irait de pair avec la force naturellement accordée aux femmes. On est en pleine culture maya avec ses rites, ses croyances, ses superstitions, et son adoration de la nature. Ces 91 minutes nous font plonger dans ce monde ancestral qui survit encore, mais difficilement dans notre XXIème siècle matérialiste. Le tournage s’est effectué tout en lumières naturelles, ce qui ajoute à l’aspect ethnologique qui attire de prime abord avant qu’on ne se passionne pour une sorte de mélo qui nous entraîne sur des chemins inattendus. Le titre Ixcanul a évidemment une sonorité exotique. Mais Il a surtout une signification d’abord littérale : volcan. Mais sous un angle maya, il ouvre vers une conception plus large, celle d’une force enfermée au sein du volcan et qui, bouillonnante, ne demande qu’à imploser. Réunir esthétisme et réalisme est toujours une gageure pour un réalisateur, ici, elle est tenue… et comment ! Ambiance étrange, rites mystérieux, forces invisibles, la langue cakchikelle (une première au cinéma), tout est nouveau dans ce film hors du commun qu’on ne peut que conseiller de voir de toute urgence.

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L’ensemble de la distribution a été réuni par casting. C’est ainsi que María Mercedes Croy, Maria Telon, Manuel Antun, Justo Lorenzo ou Marvin Conroy se sont retrouvés  l’affiche de cette petite merveille. Ils sont tous parfaits et nous emportent très loin, dans un ailleurs qu’on ne soupçonnait même pas. Un voyage poétique et bouleversant au pied du volcan. Outre son prix à Berlin, Ixcanul a emporté des récompenses dans plus de 40 festivals de part le monde, de Toronto à Londres en passant par Biarritz où il a décroché le prix du meilleur film et celui de la critique. Et croyez-moi, il n’y a pas de hasard.

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