Francophonia

Le Louvre sous l’occupation

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Le réalisateur russe, Alexandre Sokourov, dont le Faust de 2011 avait beaucoup fait parler, malgré son Lion d’Or à Venise, nous proposent ces 88 minutes de docu-fiction qui sont loin d’être enthousiasmantes.1940. Paris, ville occupée. Et si, dans le flot des bombardements, la guerre emportait La Vénus de Milo, La Joconde, Le Radeau de La Méduse ? Que deviendrait Paris sans son Louvre ?  Deux hommes que tout semble opposer – Jacques Jaujard, directeur du Louvre, et le Comte Franz Wolff-Metternich, nommé à la tête de la commission allemande pour la protection des œuvres d’art en France – s’allient pour préserver les trésors du Musée. Au fil du récit de cette histoire méconnue et d’une méditation humaniste sur l’art, le pouvoir et la civilisation, Alexandre Sokourov nous livre son portrait du Louvre. Le titre provisoire rappelle la volonté du metteur en scène de ne pas uniquement centrer son propos sur cette période noire de l’Histoire. Hélas, si les intentions sont louables et le sujet original, le tout est noyé par un parti-pris visuel nébuleux à la limite du supportable. Bref, on ne comprend pas grand-chose et on s’ennuie ferme.FRANCOFONIA-Photo5-Louis-Do_De_-Lencquesaing_Benjamin_Utzerath

Ah ! Quand le concept tue le cinéma ! On sait que ce réalisateur est davantage passionné par la littérature que par le cinéma. Il a donc effectué un patient travail de recherches au cœur du musée en dénichant, en parallèle, de coûteuses images d’archives. Il a même pu avoir accès aux documents personnels de Kunstschutz. L’idée de faire intervenir des acteurs comme  Louis-Do de Lencquesaing et Benjamin Utzerath, pour camper l’ancien directeur du Louvre et le chef de la commission allemande pour la protection des œuvres d’art, pouvait tout à fait se justifier. Mais  expérimenter une variété de formats en cohésion avec les intérêts multiples du cinéaste : images d’archives, documentaires et prises de vues avec les acteurs, vieillir volontairement les images actuelles, brouiller le son de ces séquences, était-ce vraiment nécessaire ? Mais surtout, on ne comprend rien aux intentions du cinéaste, aux tenants et aboutissants de son scénario. Je ne suis même pas sûr que ce film rende hommage au plus grand musée du monde. C’est sophistiqué, prétentieux et aussi brumeux que les images. On dirait un brouillon de film, des rushes visionnés en désordre avant montage. Ajouter à tout cela, des digressions inutiles, (sans parler des apparitions qui confinent au ridicule de Marianne et Napoléon dont le dialogue (?) devant la Joconde vaut son pesant de bœuf Strogonoff), une lenteur insupportable et surtout la voix off permanente de Sokourov himself dans la langue de Toltoï et de Boris Eltsine… et vous comprendrait que le sommeil vous gagne rapidement. спокойной ночи !

Francofonia_6_-_Johanna_Korthals_Altes__Vincent_Nemeth

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