Macbeth

Pauvre Shakespeare !

40bc840a534642dd5228b2ffe7dbe70fac69445c.jpg__1920x1080_q85_crop_upscale

L’australien Justin Kurzel nous propose ici les 113 minutes les plus longues que j’ai vécues depuis longtemps. Passer après Orson Wells, Polanski et Kurosawa n’est pas chose facile. Ce film ampoulé et emphatique en est l’exemple criant. 11ème siècle : Ecosse. Macbeth, chef des armées, sort victorieux de la guerre qui fait rage dans tout le pays. Sur son chemin, trois sorcières lui prédisent qu’il deviendra roi. Comme envoûtés par la prophétie, Macbeth et son épouse montent alors un plan machiavélique pour régner sur le trône, jusqu’à en perdre la raison. Si vous réussissez à apercevoir quoi que ce soit dans la brume permanente qui enveloppe ce film, si vous réussissez à comprendre quoi que ce soit au texte à peine murmuré durant toute la durée du drame, alors, peut-être, pourrez vous apprécier ce moment insupportable que je vous conseille d’éviter de toute urgence.  

Macbeth-2015-movie-review

Les paysages d’Ecosse et d’Angleterre sont évidemment somptueux et offre un cadre quasi apocalyptique à ce qui reste en l’occurrence de la pièce du grand William. Au passage, grâce à ce film, on apprend que le gothique flamboyant existait déjà au 11ème siècle en Ecosse. C’est une révélation ! Bon, d’accord, je chipote, mais si les scènes de bataille sont totalement réalistes, je ne vois pas pourquoi les décors ne seraient pas à l’avenant. Et puis je le redis, il faut faire un effort constant pour percevoir les vers célèbres chuchotés en permanence par une distribution irréprochable, et écarquiller les yeux pour deviner qui parle tant le glauque règne en maître sur ce monument de grandiloquence et de prétention. Et je ne vous parle pas des ralentis sans lesquels aucun des figurants ne saurait mourir dignement. Le pauvre Shakespeare est écrasé, laminé, passé à la moulinette par une mise en scène à la limite du soutenable.

Marion-Cotillard-as-Lady-Macbeth

Et pourtant Michael Fassbender compose un Macbeth tout à fait convaincant dont l’image et la diction sont, hélas, noyées dans le brouillard ambiant. Marion Cotillard, quant à elle, compose une Lady Macbeth charnelle et hallucinée. Elle se montre à la hauteur de ce rôle que toutes les actrices du monde rêve d’interpréter un jour. Sean Harris, David Thewlis, Paddy Considine, Jack Reynor, Elizabeth Debicki, comme tous les autres membres de la distribution sont très bons même si on a beaucoup de mal à les apercevoir et à les entendre. Et, je le répète, près de deux heures de ce régime, c’est long, très long. C’est bien ça la tragédie !

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s