L’étage du dessous

Terriblement quotidien

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C’est un fait divers réel qui est à l’origine du thriller réalisé par le roumain Radu Muntean, dont j’avais adoré, il y a 4 ans, Mardi après Noël. Mais ces 93 minutes sont-elles vraiment un thriller ? Elles en ont l’aspect, mais c’est plutôt le portrait original d’un homme banal… En rentrant chez lui, Pătrașcu perçoit derrière une porte au deuxième étage de son immeuble les bruits d’une violente dispute amoureuse. Quelques heures plus tard le corps d’une femme est découvert. Ses soupçons se portent sur Vali, le voisin du premier. Et pourtant Pătrașcu ne se rend pas à la police… même lorsque Vali commence à s’immiscer dans sa vie et dans sa famille. Oui, ici, c’est la banalité qui fait l’intérêt de ce film hors norme réalisé par un grand cinéaste.  

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C’est en effet l’antithèse d’un film psychologique ou explicatif ; le metteur en scène a voulu faire en sorte que l’identification avec le personnage principal soit la plus facile possible. Dans cette optique, le scénario repose sur des moments extrêmement concrets de la banalité du quotidien, ce qui ne l’empêche pas de questionner le thème de la conscience en mettant le public à la place du héros afin qu’il se demande comment il aurait réagi dans sa situation. Il s’agit donc d’une façon d’inclure le spectateur dans l’action, de le faire travailler d’une certaine manière, de lui faire vivre   en même temps que le héros, ayant en temps réel comme lui les informations. Le film repose en grande partie sur les silences et donc l’anti spectaculaire. Muntean privilégie les plans-séquences et le temps réel. Enfin l’une des forces de ce récit, c’est l’image manquante, celle du crime au point que l’on finit par douter de son existence. Le trouble est total, et ce n’est pas l’épilogue qui dissipera le malaise… Très fort !

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Bien sûr, l’affiche est entièrement roumaine. On y découvre surtout un acteur étonnant, massif, taiseux, impénétrable : Teodor Corban. Une véritable révélation après son premier grand rôle dans le tout récent Aferim.  Iulian Postelnicu lui donne une excellent réplique et sait créer la paranoïa qui hante le « héros ». Citons encore Oxana Moravec et Ionut Bora. Un thriller du quotidien, un film fantastique qui ne dit pas son nom, un drame anxiogène, ou un drame social sur l’horreur contemporaine ? Rien de tout cela, ou plutôt tout cela en même temps… Attendez vous à être étonnés !

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