Notre petite soeur

Calligraphie des sentiments

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Les amateurs de cinéma japonais, dont je fais partie, ne peuvent avoir oublier Still Walking, Air Doll, et surtout Tel Père, Tel Fils, Prix du Jury en 2013 à Cannes. Tous ses chefs d’œuvre ont un point commun : Hirokazu Koreeda, formidable réalisateur qui, une fois encore nous emporte dans ce drame intimiste et envoûtant. Trois sœurs, Sachi, Yoshino et Chika, vivent ensemble à Kamakura. Par devoir, elles se rendent à l’enterrement de leur père, qui les avait abandonnées une quinzaine d’années auparavant. Elles font alors la connaissance de leur demi-sœur, Suzu, âgée de 14 ans. D’un commun accord, les jeunes femmes décident d’accueillir l’orpheline dans la grande maison familiale… 127 minutes de pur bonheur devant cette aquarelle épurée et sensible. Une vraie perle !

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Le film est adapté librement du roman graphique Umimachi Diary puisque, s’il s’est inspiré des personnages et des différents épisodes du livre, Hirokazu Koreeda a voulu dans son film développer une histoire différente et nouvelle centrée sur les quatre sœurs. Tout est ici minimaliste, gracieux, élégant et délicat. Chaque décor est travaillé, la photographie lumineuse, le jeu des actrices bouleversant, la musique, en forme de quatuor à cordes, d’une grande beauté… bref, rien à jeter dans ce nouveau coup de maître signé Hirokazu Koreeda,  une fête pour les yeux et le cœur. Encore une fois, notre réalisateur traite avec une délicatesse qui n’appartient qu’à lui, au thème de la filiation, dans cette éloge de la tendresse qui est aussi une peinture d’une famille japonaise recomposée. Un film qui mêle légèreté et gravité avec une virtuosité rarement atteinte.

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Les quatre actrices s’élèvent aussi très haut sous la direction du cinéaste. Reverra-t-on Haruka Ayase, Masami Nagasawa, Suzu Hiroze et Kaho à ce niveau un jour… ? On ne peut que leur souhaiter. Franchement, un film tout en bons sentiments : ça fait du bien dans le paysage du 7ème Art de ce début de XXIème siècle. Certains évoqueront la mièvrerie quand il s’agit de douceur, d’autres parleront de « petits riens »… mais n’est-ce pas la quintessence même du bonheur. Et ce film en donne beaucoup. A déguster du bout des baguettes comme un sommet de la gastronomie japonaise.

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