The Lobster

Bizarre, vous avez dit bizarre ?

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Le réaliste et scénariste grec, Yorgos Lanthimos, réalise ici son premier film en anglais. Délirant, glaçant, dérangeant, philosophique… ou immense n’importe quoi ambitieux et inabouti ? Dans un futur proche… Toute personne célibataire est arrêtée, transférée à l’Hôtel et a 45 jours pour trouver l’âme sœur. Passé ce délai, elle sera transformée en l’animal de son choix. Pour échapper à ce destin, un homme s’enfuit et rejoint dans les bois un groupe de résistants, les Solitaires. Film  très atypique et décalé selon les acteurs eux-mêmes qui avoue qu’ il est assez difficile à comprendre. Le moins qu’on puisse dire, c’est que je suis d’accord avec cette analyse. Lanthimos déclare que son long-métrage a en fait pour but de laisser libre court à l’imagination des spectateurs et susciter des questions. Ma question personnelle : à quoi sert ce film ?

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120 minutes de férocité aussi réjouissante qu’absconse. En 1971, Peter Watkins avait enflammé Cannes avec son Punishment Park. A l’époque, les cibles vivantes étaient des pacifistes, opposés à la guerre du Vietnam. Aujourd’hui, les fugitifs ont simplement raté leur couple. On voit poindre le thème récurrent des relations humaines cher au réalisateur grec. Ici, il a essayé d’imaginer ce que signifie l’amour pour l’homme. D’ailleurs, Les personnages de cette histoire étrange sont assez mystérieux car on ne connait rien de leur passé, il n’y a aucune description sur eux. Le réalisateur a préféré se concentrer sur le moment présent et sur leur vision de l’amour et de la vie à deux. Le film, qui a été entièrement tourné en Irlande, principalement dans la ville de Dublin et autour du Comté Kerry, en particulier dans le village de Sneem où se trouve l’hôtel Parknasilla, tout en lumière naturelle et sans maquillage pour les comédiens, manie avec maestria l’humour noir, l’absurde. Mais cette nouvelle forme de dystopie est d’une cruauté rarement atteinte au cinéma qui plonge le spectateur dans des abîmes de perplexité, pour ne pas dire d’incompréhension. Les très bons moments ne manquent pas mais on a parfois du mal à faire le lien entre les différentes scènes. Malgré les excellentes musiques de Stravinsky, Chostakovitch, Beethoven, Britten etc…, les magnifiques paysages irlandais et l’impeccable interprétation, un certain ennui s’installe et on ne peut que constater qu’on n’en pince pas forcément pour ce « Homard ».colin-farrell-does-satire-in-cannes-winner-the-lobster-she-does-her-own-thing-605318

Moustachu, grosses lunettes, bedonnant, Colin Farrell est méconnaissable et superbe d’intelligence de jeu tout en sobriété et froideur. Les autres noms du casting grand luxe, Rachel Weisz, Ben Wishaw, John C.Reilly, Léa Seydoux, Jessica Bardem, Olivia Colman, Ariane Labed, sont tous très surprenants dans cette fable troublante, qui a reçu le Prix du Jury à Cannes. Entre rire noir (ou jaune) et esthétisme glacé, voilà un objet étrange qui ne ressemble à rien de connu. On peut penser à l’univers de Luis Buñuel mais en moins virtuose. Lanthimos tutoie le surréalisme pour nous proposer une véritable expérience de cinéma. Très original, plus qu’audacieux, mais en fin de compte, un peu vain, car le scénario, bâti sur une formidable idée de départ, n’est pas abouti et le film s’enlise peu à peu en n’atteignant pas les ambitions affichées.

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Une réponse à “The Lobster

  1. Ca m’a l’air très spécial comme film… Le casting est beau mais si le scénario ne suit pas, c’est pas la peine ^^

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