Le nouveau stagiaire

Visa d’exploitation n° 143 197

Le-Nouveau-Stagiaire

Rien de nouveau sous le soleil voilé de la comédie romantique américaine. Nancy Meyers, grande spécialiste de la comédie romantique à l’américaine, revient sur les écrans après 7 années d’absence, avec un scénario convenu défendu tant bien que mal par un duo d’acteurs bankable… et c’est à peu près tout. Ben Whittaker, un veuf de 70 ans s’aperçoit que la retraite ne correspond pas vraiment à l’idée qu’il s’en faisait. Dès que l’occasion se présente de reprendre du service, il accepte un poste de stagiaire sur un site Internet de mode, créé et dirigé par Jules Ostin. Sympathique, amusant, parfois émouvant, mais surtout beaucoup trop long (120 minutes), et le couplet très American Dream sur « y’a rien de plus beau que l’entreprise », est à la limite de ce qu’on peut supporter.

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On peut donc résumer le propos du film avec cette formule : « Elle est vulnérable, il est rassurant ». Formule à l’emporte pièce, je l’avoue, mais c’est à l’image du film. C’est du prêt à penser dans le prêt à porter, calibré comme la bouffe des fast-food et aussi insipide. Dans un Brooklyn de carte postale, la réalisatrice a voulu aborder un aspect de la vie qui pour elle construit une part importante de notre identité profonde : le travail. La réalisatrice y a fait allusion dès le début du film avec cette citation de Sigmund Freud : Amour et travail. Travail et amour. Ce sont deux des piliers de la vie. Pour le reste, tout repose sur les rapports complexes et révélateurs entre Ben, issu du baby-boom, et Jules appartenant aux « Millennials », la toute dernière génération à avoir accédé au marché du travail, et sur l’espèce de choc culturel (déjà vu cent fois) que subit cet ancien dirigeant d’entreprise qui se retrouve propulsé dans l’univers d’une start-up presqu’entièrement régie par le numérique. Et voilà, en dehors du numéro des deux têtes d’affiche et de quelques jolies dialogues, il ne se passe rien dans ce film lambda.

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Les 35 millions de dollars du budget doivent correspondre aux cachets des deux têtes d’affiche Robert De Niro et Anne Hathaway, qui en font des tonnes… ce n’est plus l’Actor’s Studio, c’est les Chargeurs Réunis. Certes le grand Bob, pour une fois très sobre, nous rappelle le Spencer Tracy des meilleures années et sait nous faire rire ou nous émouvoir quand il le faut. Quant à Miss Hataway, elle nous épuise de ses minauderies à répétition… fatigantes et lassantes. Adam de Vine, Rene Russo, Anders Holm, Jojo Kushner jouent les faire-valoir et complètent la distribution. Je passerai sous silence le nom du compositeur Jonathan Shapiro, (ah zut, ça m’a échappé)  d’autant qu’il a beaucoup de mal à en faire… lui, du silence. Son omniprésence dégoulinante est usante au possible. Nancy Meyers sait parler à son public qui y trouvera un certain charme désuet, mais s’aliénera tous les autres, ceux qui espéraient éventuellement y trouver une (légère) réflexion sur la difficulté de vieillir dans une société liftée par les nouvelles technologies, où l’évanescence des modes évacuent tous ceux qui sont hors du coup. Mais c’eut été trop demander à ce type de comédie sirupeuse dont Hollywood s’est fait un fond de commerce. Car le seul but recherché ici, c’est la rentabilité. Passez votre chemin et allez offrir votre écot à des films qui en valent vraiment le coup.

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