Un début prometteur

On badine avec l’amour

355851

Emma Luchini (fille de Fabrice), pour son second long-métrage, adapte ici le roman de Nicolas Rey (son compagnon). Martin, désabusé pour avoir trop aimé et trop vécu, retourne chez son père, un horticulteur romantique en fin de course. Il y retrouve Gabriel, son jeune frère de 16 ans, exalté et idéaliste, qu’il va tenter de dégoûter de l’amour, sans relâche. Mais c’est sans compter Mathilde, jeune femme flamboyante et joueuse, qui va bousculer tous leurs repères. Voilà une jolie farce désenchantée sur le droit d’être heureux, au ton très original, qui sait éviter tous les poncifs et les clichés, sans aucune mièvrerie, ni vulgarité. Emma Luchini a su trouver le ton juste pour nous raconter une histoire aussi extravagante qu’attachante. Une vraie belle surprise. 

FICHE-FILM-Diaporama-Un-début-prometteur4

Il y a ici pratiquement trois thèmes qui se recoupent : 1) deux frères qui se croisent à deux stades totalement opposés de leur existence, 2) l’opposition entre forces sombres et forces lumineuses, 3) la vision de trois hommes d’âges différents face à l’amour. Au centre de l’histoire, une femme de 35 ans, joueuse de poker, instable, elle aussi marquée par la vie, mais avec une force vitale incroyable. Le scénario mêle habilement ces trois thèmes pour, en définitive, porter un regard bienveillant sur ces hommes, perdus et sauvés par l’amour. Le cynique reprend goût à la vie, le jeunot commence à la comprendre, et le plus âgé l’envisage sous un jour nouveau. Ce film redonne espoir en l’être humain. L’émotion et le rire sont au rendez-vous grâce à des dialogues ciselés, une mise en scène lumineuse et une quatuor d’acteurs qui, de toute évidence, s’est régalé avant de nous régaler.

maxresdefault

Manu Payet, en barbu, alcoolique, revenu de tout, sombre et dépressif, est tout simplement irrésistible. C’est une véritable révélation où l’amuseur nous prouve qu’il est aussi un grand acteur. Veerle Baetens, (la grande révélation d’Alabama Monroe) est solaire et juste de bout en bout. Fabrice Luchini, est-ce l’effet d’être dirigé par sa propre fille, est d’une sobriété et d’une discrétion qu’on ne lui connaissait pas. Quand à Zacharie Chasseriaud, pour la première fois en haut de l’affiche (déjà 10 films à son palmarès malgré son jeune âge) c’est lui qui justifie le titre de cette comédie. Il est parfait. En résumé, une belle comédie tendre et amère, qui renforce l’excellent palmarès de rentrée du cinéma français. Qui plus est, on attend impatiemment le court-métrage primé par le César de la catégorie signé de cette jeune cinéaste de 36 ans, La Femme de Rio.  A voir !

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s