Marguerite

La grande illusion

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J’avais beaucoup aimé certains des précédents films de Xavier Giannoli, comme A l’origine ou Quand j’étais chanteur (il y a eu aussi, reconnaissons-le, quelques ratés) et je me réjouis toujours de retrouver Catherine Frot, sans conteste, une de nos meilleures comédiennes, qui nous revient après trois ans d’absence et Les Saveurs du palais. Le Paris des années 20. Marguerite Dumont est une femme fortunée passionnée de musique et d’opéra. Depuis des années elle chante régulièrement devant son cercle d’habitués. Mais Marguerite chante tragiquement faux et personne ne le lui a jamais dit. Son mari et ses proches l’ont toujours entretenue dans ses illusions. Tout se complique le jour où elle se met en tête de se produire devant un vrai public à l’Opéra. 127 minutes de très haute volée, virtuoses et bouleversantes. Une très grande réussite.

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Florence Foster Jenkins a vécu aux Etats-Unis dans les années 1940. Elle avait l’habitude de chanter devant un cercle d’intimes mais ces derniers ne lui avaient jamais dit qu’elle chantait faux. Ce mélange de cruauté et de potentiel comique a alors donné à Xavier Giannoli l’envie de ce film. Mais en aucun cas, il ne s’agit d’un biopic. C’est une évocation libre d’un personnage ayant réellement existé. Même s’il y a quelque chose d’hilarant à la voir chanter faux des grands airs classiques ou risquer sa candeur désarmante au milieu des cyniques, le film est d’abord une histoire d’amour entre un homme et une femme qui cherchent comment continuer à s’aimer. Cruel, poignant et terriblement émouvant. Porté par une bande-son pour le moins éclectique avec de nombreux morceaux classiques comme « Casta Diva » de Bellini, des musiques baroques comme celles de Vivaldi et Purcell, du jazz, des mélodies plus contemporaines comme celles de Poulenc et Honegger, du didjeridoo australien ou encore de la musique indienne, le film s’appuie également sur des costumes sublimes et des décors fastueux, reconstitution des années 20 oblige, mais surtout sur un scénario original en béton et une interprétation rare.

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En haut de l’affiche la magnifique Catherine Frot, au-delà des superlatifs, pour laquelle le film a été écrit et qui tient là sans doute son plus beau rôle. Elle est parfaite, drôle, touchante, naïve et pathétique… une vraie performance (en route pour le César). A ses côtés, l’impeccable André Marcon, tout en subtilité, obtient enfin un grand rôle au cinéma à la hauteur de son talent. Michel Fau surprend aussi dans une composition tout en finesse d’un personnage qui ne demandait qu’outrance et surcharge. Mais aussi, Christa Théret, délicieusement fragile, Théo Cholby, Denis Mpunga, (qui campe un démiurge aussi amoureux que manipulateur) et Sylvain Dieuaide, en dandy cynique à souhait. Un biopic hollywoodien est en préparation sur Florence Foster Jenkins, la femme qui a inspiré l’histoire de Marguerite. Le film américain, intitulé tout simplement Florence Foster Jenkins, sera réalisé par Stephen Frears et réunira Meryl Streep dans le rôle de la cantatrice et Hugh Grant. Sauront-ils faire aussi bien ?

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Une réponse à “Marguerite

  1. excellent film

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