Coup de chaud

Le vilain petit canard

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Voici donc le troisième film de Raphaël Jacoulot (après Barrage et Avant l’aube) où, une nouvelle fois, l’on retrouve une atmosphère pesante de quasi huis-clos. Chaleur, cruauté, haine sont les moteurs de ce polar très noir et superbement maîtrisé. Au cœur d’un été caniculaire, dans un petit village à la tranquillité apparente, le quotidien des habitants est perturbé par Josef Bousou. Fils de ferrailleurs, semeur de troubles, il est désigné par les villageois comme étant la source principale de tous leurs maux jusqu’au jour où il est retrouvé sans vie dans la cour de la maison familiale… Un film bourré de qualités sublimées par une interprétation hors pair… A ne pas rater !

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A l’origine du film, un fait divers. Le réalisateur Raphaël Jacoulot explique :  J’étais troublé que des villageois, ni pires ni meilleurs que d’autres, aient pu être, à un moment donné, soulagés par la disparition violente de l’un des leurs, qu’ils tenaient pour responsables de leurs maux. J’y voyais quelque chose qui parlait de notre monde, de notre société. Une société malade qui se cherche en permanence des coupables. Le réalisateur développe ici la thématique du bouc-émissaire déjà présent dans le précédent film du réalisateur, Avant l’aube, avec Vincent Rottiers, un personnage sur lequel se cristallisent toutes les haines et rancœurs des habitants d’un petit village. Les 102 minutes ont une structure qui s’apparente au film noir dans oublier pour autant de traiter la dimension politique et sociale. Au centre, un personnage complexe et insaisissable, autour de lui, comme en orbite, une galerie de portraits de petites gens, tout à leurs problèmes et qui ont du mal à accepter la différence. De la tension, un vrai sens du récit, un montage très nerveux, la musique de André Dziezuk, et, je le répète, un admirable casting.

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En tête Jean-Pierre Darroussin (subtil) et Grégory Gadebois (massif et impénétrable); ils sont parfaits, mais c’est devenu banal de le dire. Formidables acteurs ! Mais que dire de la grande découverte de ce film, le jeune Karim Leklou, incroyable d’intensité et de justesse dans un rôle pourtant beaucoup plus complexe qu’il y paraît. Il crève l’écran. On ajoutera volontiers Carole Franck et Isabelle Sadoyan qui ne sont pas pour rien dans la réussite de ce témoignage implacable sur la  noirceur de la nature humaine. Un coup de chaud glaçant !

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