Des apaches

« A côté de tout »

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C’est une des répliques par laquelle se définit le personnage central de cet étrange docu-fiction dramatique écrit, réalisé et interprété par Nassim Amaouche, : je suis à côté de tout. Je crains hélas que le film lui-même passe à côté de l’essentiel. Lors de l’enterrement de sa mère, Samir croise le regard d’un inconnu, son père. Celui-ci l’entraîne dans une affaire familiale qui le plonge au cœur de la population kabyle de Belleville et de ses traditions. Une expérience qui le bouleverse et fait ressurgir son passé d’une étrange manière. Alors qu’il se  confronte à ses choix, Samir va s’affranchir de son enfance et de son clan pour devenir un homme libre, un «Apache». 97 minutes que je qualifierai d’inutiles malgré des atouts évidents.

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Cela commence par un véritable documentaire sur l’organisation sociale des Kabyles, organisation qu’ils ont remise en place à l’identique dans les quartiers nord de Paris. Le ton est alors didactique et un brin ennuyeux. Puis on s’attache parallèlement aux pas d’un jeune homme kabyle lui aussi et d’un garçon dont on aura jusqu’à la fin du mal à comprendre le véritable lien. Enfin, on a droit à une sombre histoire de clans qui se déchirent dans une affaire commerciale assez peu palpitante en vérité. C’est avant tout l’histoire d’une solitude d’un homme éloigné de sa propre famille… d’où le titre qui ferait référence à la grand-mère, tatouée comme une chef indienne entourée de sa tribu, mais aussi un clin d’œil aux Apaches de Belleville du début du siècle dernier et qui n’ont peut-être pas totalement disparu. L’ensemble tient plus du collage que du cinéma et dégage un certain ennui dû au fait qu’on n’a que peu d’empathie pour les personnages mais aussi à une réalisation mollassonne. Naviguer entre rêve et réalité n’est pas à la portée de n’importe qui, la preuve !

des-apaches-2-2048x1107Côté casting, Nassim Amaouche, l’homme à tout faire, n’a pas assez de charisme pour nous faire partager ses sentiments.  Pour leurs parts, Laetitia Casta, André Dussollier, Kamel Laadaili, Djemel Barek, jouent leur partition avec application mais sans grand enthousiasme. Le réalisateur affirme s’être appuyé sur une phrase de Mahmoud Darwich, un poète palestinien mort en 2008, pour tracer le chemin de son personnage : Le présent nous étouffe et déchire les identités. C’est pourquoi je ne trouverai mon moi véritable que demain, lorsque je pourrai dire et écrire autre chose. Le problème c’est que demain on ne sera plus là pour contempler l’évolution de Samir, ce qui aurait pu nous éviter cette fin convenue et très décevante… à l’image du film.

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