La Dame dans l’auto avec des lunettes et un fusil

Plus fuligineux, tu meurs !

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Adapter au cinéma le best-seller éponyme et culte de Sébastien Japrisot, relève déjà de la  gageure. Tenter un remake après Anatole Litvak en 1970, est une seconde gageure. Joann Sfar (Gainsbourg, une vie héroïque, Le Chat du Rabbin… c’est vous dire si l’homme est éclectique) n’a peur de rien et s’est attaqué à ses deux sommets. Elle est la plus rousse, la plus myope, la plus sentimentale, la plus menteuse, la plus vraie, la plus déroutante, la plus obstinée, la plus inquiétante des héroïnes. La dame dans l’auto n’a jamais vu la mer, elle fuit la police et se répète sans cesse qu’elle n’est pas folle… Pourtant… Le défi est-il relevé ? Oui et non, et je reste vraiment très partagé par ces 93 minutes de mystère sensuel et d’une complication rarement atteinte. Lynch, sort de ce corps !

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Le roman est réputé inadaptable. Et ce n’est pas cette seconde tentative qui nous prouvera le contraire. Le mystère pesant est là, la reconstitution des années 70 est plus que soignée et le personnage principal est superbement incarné par la très… très belle Freya Mavor. Mais voilà, même si on est prêt à plonger dans ce thriller aux allures de conte fabuleux, il reste quelque chose qui ne fonctionne pas. D’abord on est très vite perdus dans une histoire insondable et dont les invraisemblances sautent aux yeux quasiment dès le départ. Mais, foin de tout cela ! Laissons nous bercer par le rythme (trop) lent de ce road-movie et par la plastique irréprochable de la très… très belle Freya (je me répète sans doute) et puis plus rien. Kitsch, coloré, troublant, mais on a tellement de mal à s’accrocher, perdus que l’on est dans les brumes du scénario ! Un film bourré d’atouts, un cinéaste ambitieux.. mais à l’arrivée une réelle déception.

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Joann Sfar est visiblement tombé amoureux de son interprète, la très… très belle (… excusez moi)  Freya Mavor. C’est pour moi une découverte, elle porte tout le film sur ses frêles et très jolies épaules. Elle est l’érotisme naïf incarné. A elle seule, elle vaut le déplacement. Les autres, Benjamin Biolay, Elio Germano, Stacy Martin, font des apparitions intelligentes. Tout est ici dans la mise en scène léchée, dans l’omniprésence de la très… très… pardon !,  dans le scénario alambiqué imaginé par Japrisot. Mais n’est n’est-il pas, ici, sacrifié à la forme… ? Poser la question, c’est déjà y répondre.

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