Floride

Vieillir ! Ah vieillir !

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J’avais beaucoup apprécié… et je n’étais pas le seul, les deux derniers films signés Philippe Le Guay, Les Femmes du 6ème étage et Alceste à bicyclette. Ce nouvel opus ne m’a absolument pas déçu, et pourtant j’y allais avec une certaine méfiance… je m’en expliquerai. A 80 ans, Claude Lherminier n’a rien perdu de sa prestance. Mais il lui arrive de plus en plus souvent d’avoir des oublis, des accès de confusion. Un état qu’il se refuse obstinément à admettre. Carole, sa fille aînée, mène un combat de tous les instants pour qu’il ne soit pas livré à lui-même. Sur un coup de tête, Claude décide de s’envoler pour la Floride. Qu’y a-t-il derrière ce voyage si soudain ? Brel avait chanté avec la force qu’on lui connaît, Mourir, ce n’est rien, mais vieillir, ah vieillir ! Voilà le vrai résumé de ces 110 minutes de réel bonheur grâce à un film risqué qui a évité tous les écueils qui auraient pu en faire une catastrophe. Mais tout est réuni pour une vraie réussite, le scénario, la mise en scène, le texte et des acteurs formidables ! Alors, que dire de plus ?

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Oser l’adaptation du succès théâtral Le Père de Florian Zeller était une sacrée gageure. L’enjeu pour le réalisateur était de s’éloigner du piège du théâtre filmé comme on pouvait le redouter dans ce cas. Malgré un sujet grave, un homme atteint d’Alzheimer, l’adaptation a su conserver le ton de la comédie dramatique, mêlant avec virtuosité l’émotion et les côtés légers. Une fois de plus chez Philippe le Gay, le décor a autant d’importance que les personnages et, ici, les alentours du lac d’Annecy baignent d’une lumière chaude le drame feutré qui se joue devant nous. Et puis l’humour est toujours présent, discret, en demie teinte comme les sentiments qui mènent un père dont l’esprit est en partance et sa fille qui s’accroche à l’impossible. Pathétique ? Sûrement. Et pourtant tellement léger, tellement aérien. La poésie habite notre vieillard et on sait nous la faire partager. Un tour de force servi par des comédiens hors pair.

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C’est évidemment un festival Jean Rochefort. Quel acteur ! Quelle finesse ! Quelle cruauté ! Quelle roublardise ! Quel charme !… Le talent à l’état brut ! Certains diront qu’il cabotine à l’envi, et alors, c’est tellement délicieux ! A ses côtés, l’impeccable Sandrine Kiberlain nous ravit de bout en bout face à ce monstre sacré. Tous les autres Anamaria Marinca, Laurent Lucas, Clément Métayer, Corinne Béal, Edith Le Merdy, sont à féliciter. J’avoue ne pas avoir vu la pièce de Florian Zeller, mais, même si j’avais peur du pensum généralement provoqué par le genre théâtre filmé, on ne s’ennuie pas un instant, bien au contraire, on se régale parce que c’est bien écrit, bien réalisé et surtout formidablement bien joué. merci Monsieur Rochefort, on murmure que ce serait là votre dernier rôle… on vous regrettera.

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