Une famille à louer

L’ours et la poupée

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Jean-Pierre Améris aime à changer de genre. Après son délicieux Le Emotifs anonymes de 2010, sa calamiteuse adaptation de Victor Hugo, L’Homme qui rit et l’extrême gravité de Marie Heurtin, il revient pour son 10ème film, à la comédie dramatique pure avec ces 96 minutes qui ne manquent pas de charme et d’intérêt. Paul-André, la quarantaine, est un homme timide et plutôt introverti. Riche mais seul, il s’ennuie profondément et finit par conclure que ce dont il a besoin, c’est d’une famille ! Violette, quadragénaire pleine de peps, est menacée d’expulsion et a peur de perdre la garde de ses deux enfants. Paul-André propose alors un contrat en tout bien tout honneur pour louer sa famille contre le rachat de ses dettes. Pour le meilleur et pour le pire… Ce n’est certes pas le film de l’année, mais c’est incontestablement un joli moment de cinéma formidablement porté par des interprètes en état de grâce.

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Le film est né à la suite de la rencontre entre le réalisateur et sa coscénariste, Murielle Magellan, en 2008 pour une adaptation pour la télévision puis… ils sont tombés amoureux l’un de l’autre. Ils ont alors eu l’idée d’écrire un film sur leur histoire, à savoir un homme pessimiste, qui a une idée de la famille assez négative mais qui va peu à peu s’ouvrir au bonheur qu’elle peut procurer en rencontrant une jeune mère et son enfant. A partir de là, on a construit une fable romantique au cœur d’un véritable exercice de style, totalement ancré dans une réalité plus proche du conte que de la vraie vie. Ainsi, à aucun moment du film, on ne peut apercevoir une rue ou une voiture. Le décor se limitant à trois maisons volontairement très typées. On passe donc le temps en aller-retour très rythmés entre le blockhaus futuriste entièrement noir et blanc baigné en permanence par les accents de la Pathétique de Tchaïkovsky (musique superbe mais qui ne donne pas irrésistiblement envie de faire des claquettes) de Paul-André, richissime, solitaire et dépressif, et la maison toute en couleurs pastel de Violette, mère de famille extravertie et inconséquente. Je sais, vous allez me dire que le coup du choc des classes sociales on nous l’a fait cent fois. C’est vrai ! Mais je trouve à cette version beaucoup de qualités, un ton plein de tendresse, une façon d’avoir en permanence le cœur au bord des lèvres qui sublime les bons sentiments qui pourraient dégouliner un peu trop facilement. Et puis il y a les comédiens +++ …

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Benoît Poelvoorde en tête ! Cet acteur me bluffe à chaque fois et quoi qu’il fasse. Il reste un des plus grands acteurs actuels. Face à lui, la magnifique Virginie Efira, (belge elle aussi) qui de film en film s’affirme comme une valeur très sûre dans le domaine de la comédie romantique. Elle a du chien, du chic et une présence indéniable. Quand on ajoute les épatants François Morel, Philippe Rebbot, les excellents jeunes Pauline Serieys et Calixte Broisin-Doutaz, et l’apparition de la grande Edith Scob, on n’a rien à ajouter. Un beau film de l’été, tendre, sensible et drôle qu’on pourra vois sans crainte… sa sortie est prévue dans deux semaines.

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