La femme au tableau

Le pot de terre contre le pot de fer

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C’est en regardant un documentaire intitulé Voler Klimt diffusé sur la BBC, que Simon Curtis (My Week With Marylin, The Town), a découvert l’histoire de Maria Altmann et notamment son combat pour récupérer le portrait de sa tante. Il a aussitôt songé à en faire une fiction pour le cinéma et nous offrir ces 110 minutes de drame historique parfaitement maîtrisées et réussies. Lorsqu’il fait la connaissance de Maria Altmann, un jeune avocat de Los Angeles est loin de se douter de ce qui l’attend… Cette septuagénaire excentrique lui confie une mission des plus sidérantes : l’aider à récupérer l’un des plus célèbres tableaux de Gustav Klimt, exposé dans le plus grand musée d’Autriche, dont elle assure que celui-ci appartenait à sa famille ! D’abord sceptique, le jeune avocat se laisse convaincre par cette attachante vieille dame tandis que celle-ci lui raconte sa jeunesse tourmentée, l’invasion nazi, la spoliation des tableaux de sa famille, jusqu’à sa fuite aux Etats-Unis. Mais l’Autriche n’entend évidemment pas rendre la  » Joconde autrichienne  » à sa propriétaire légitime… Faute de recours, ils décident d’intenter un procès au gouvernement autrichien pour faire valoir leur droit et prendre une revanche sur l’Histoire. Réellement passionnant car traité comme un thriller judiciaire et artistique, même si on peut regretter un excès de pathos dans le final. Un très joli moment.

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Au moment où le projet a commencé à voir le jour, Maria Altmann était d’ores et déjà décédée, mais son avocat, Schoenberg, était vivant et en bonne santé et s’est donc beaucoup impliqué dans le processus de création. Son témoignage a d’ailleurs beaucoup aidé le scénariste du film, notamment pour tout ce qui concerne la partie juridique de l’affaire. Il est évident que tout ce long cheminement politico-judiciaire est complexe, mais on a su nous rendre toutes les arcanes diplomatiques compréhensibles et donc palpitantes. Par ailleurs, on sent à chaque instant que le réalisateur s’est énormément documenté pour rendre compte des moindres détails de la période traitée dans le film, en particulier pour la Vienne de l’avant-guerre. Pour la véracité (et c’est assez rare dans le cinéma anglo-saxon pour le saluer ici), il a aussi tenu à ce que les comédiens jouent en allemand. Un beau récit que cette histoire de personnes en quête d’apaisement de leur souffrance suite à une terrible perte. Il s’agit aussi d’une histoire familiale et de l’importance d’objets personnels légués au sein de ces familles ; enfin, il s’agit de justice et de la manière dont certains arrivent à renouer avec leurs racines.

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Mais l’atout majeur, outre l’originalité du sujet, c’est la présence de l’extraordinaire (et je pèse mes mots…) Helen Mirren. Cette femme sait tout faire et elle rayonne de bout en bout que ce soit dans l’émotion, dans l’humour… bref dans le talent à l’état pur. Cette actrice est un véritable joyau. Alors les autres paraissent un peu fades et jouent les faire valoir avec plus ou moins de réussite. Je veux parler surtout du falot Ryan Reynolds, (aussi à l’affiche dans Renaissances) qui traine en permanence son regard de cocker battu et son incapacité à exprimer un quelconque sentiment. A la longue c’est fascinant et… fatiguant. Katie Holmes, Daniel Brühl, Tatiana Maslany, tirent correctement leur épingle du jeu. Mais, je le répète, l’intérêt est ailleurs car on a à l’écran l’immense Helen Mirren, une belle histoire et une magnifique mise en scène. Bien que l’Autriche soit encore aujourd’hui traumatisée par une partie de son histoire récente et le fait de s’être laissé intégrer à l’Allemagne nazie, la production a été très bien accueillie par les Autrichiens qui ont estimé nécessaire de raconter cette part sombre de leur passé. Une passionnante leçon d’Histoire ! 

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Une réponse à “La femme au tableau

  1. C’est marrant parce que je suis justement aller voir ce film tout à l’heure et … je trouve ton article ce soir en rentrant ! c’est qu’il n’y a pas un si grand choix dans les sorties ciné en été.(mais la vieille dame,viennoise exilée en Californie, n’est pas « septuagénaire » au début du film en 1998 mais..; « octogénaire » (81 ans) même si elle ne les paraît pas => elle est morte en 2011 à 94 ans. J’adore tant cette toile de Klimt (dont je parle dans le roman que je viens de finir!!!)

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