Good Kill

La guerre sans fin

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Depuis son excellent Lord of War, mais qui date de 2005, Andrew Niccol avait plutôt raté ses films, comme Time Out ou le calamiteux Les âmes vagabondes. Personnellement, j’aime quand la grande Amérique s’interroge sur elle même, ses désirs d’hégémonie et le rôle qu’elle aime s’attribuer de « gendarme du monde ». Le Commandant Tommy Egan, pilote de chasse reconverti en pilote de drone, combat douze heures par jour les Talibans derrière sa télécommande, depuis sa base, à Las Vegas. De retour chez lui, il passe l’autre moitié de la journée à se quereller avec sa femme, Molly et ses enfants. Tommy remet cependant sa mission en question. Ne serait-il pas en train de générer davantage de terroristes qu’il n’en extermine ? L’histoire d’un soldat, une épopée lourde de conséquences. Avec ce drame, Niccol marque son retour en grâce en réalisant et écrivant lui même ces 102 minutes d’extrême tension qui posent un grand nombre de question de fond. Angoissant et dérangeant.

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En relatant l’histoire d’un commandant de l’armée américaine qui ne combat plus sur le terrain mais par drones interposés, à des milliers de kilomètres des obus, sur une base à Las Vegas, Andrew Niccol ne s’est pas fait que des amis et suscite évidemment la polémique. Difficile à long terme de faire la différence entre réalité et virtualité pour ces pilotes de drones qui, à la longue, perdent tout contact avec la réalité de la guerre. Sachez qu’il existe réellement une base militaire comme celle montrée dans le film, où le film sait nous enfermer jusqu’au malaise ou la claustrophobie en compagnie de ces soldats qui, insensiblement, ont tendance à se prendre pour Dieu, un Dieu atteint de schizophrénie. Le personnage principal est le type même de l’anti-héros, torturé jusqu’à la paranoïa. Et pourtant on s’accroche aux pas de cet homme qui voit ses certitudes s’effondrer. N’est-il pas l’exemple de ce qui se passe aux Etats-Unis ?

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Ethan Hawke, monolithique, nous laisse pénétrer peu à peu jusqu’au plus profond de l’âme de ce soldat pas comme les autres.  Bruce Greenwood, Zoé Kravitz, Jake Abel, January Jones, tiennent remarquablement des partitions tout aussi ambigües. La réalisation, d’une totale sobriété, est de haute volée et les questions posées valent qu’on s’y intéresse. Un regret tout de même, la fin totalement escamotée. Je n’ai rien contre les fins ouvertes, mais là c’est décevant voire frustrant. On a la désagréable impression que le scénario n’a pas été écrit jusqu’au bout. Reste, heureusement, un vrai pamphlet antimilitariste passionnant dans un cadre totalement nouveau. On retrouve la patte du scénariste de l’inoubliable Truman Show de Peter Weir. Good Kill signifie « dans le mille »… c’est le cas. A voir sans conteste.

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