La Tête haute

Digne des Dardenne

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Bien que son Elle s’en va de 2013 avec déjà Madame Deneuve ait constitué un très beau moment de cinéma, voici, et de très loin, le meilleur film d’ Emmanuelle Bercot. Et je pèse mes mots. A l’heure où j’écris, ce drame poignant fait l’ouverture du 68ème Festival de Cannes. Certes on est loin du bling bling ou du glamour. C’est dur, violent, âpre… et bouleversant. Le parcours éducatif de Malony, de six à dix-huit ans, qu’une juge des enfants et un éducateur tentent inlassablement de sauver. Thierry Fremaux qui est à la tête du choix des films cannois depuis 2004 justifie cette première soirée en disant : Emmanuelle Bercot dit des choses importantes sur la société d’aujourd’hui, dans la tradition d’un cinéma moderne, pleinement engagé sur les questions sociales et dont le caractère universel en fait une œuvre idéale pour le grand public… Je n’ai rien à ajouter sinon que c’est un très grand film.

LA TÊTE HAUTE  de Emmanielle Bercot LES FILMS DU KIOSQUE

Nous allons donc suivre pas à pas douze années de la vie d’un jeune garçon asocial, difficile, violent, hypersensible et surtout délaissé par une mère totalement immature. Face à lui, une juge pour enfants patiente et obstinée et un éducateur tourmenté. Chaque personnage est complexe avec sa part d’ombre et de doute. De foyer en milieu ouvert, à la prison et au foyer en milieu fermé, le jeune Malony est bringuebalé de jugement en jugement. Sa souffrance est totale, mais qu’est-ce qui pourra sortir cet enfant perdu du cycle infernal dans lequel il s’enfonce ? Notre société, notre justice, notre système éducatif ont-ils des solutions face à des cas aussi critiques ? Est-on prêt à comprendre le comportement, le refus des conventions et de l’autorité de certains jeunes ? Peut-on entrer en empathie avec une véritable « tête à claques » ? Toutes les réponses sont contenues dans ce drame dont on ne sort pas indemnes.    

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Et puis il y a le casting !!! Catherine Deneuve, magnifique de sobriété, grandiose, impériale… quelle actrice ! Et que dire de ce jeune débutant, Rod Paradot, (retenez bien ce nom) qui est tout simplement formidable ? Sara Forestier, Benoit Magimel et Diane Rouxel complètent à merveille une distribution sans faille qui nous tient en haleine de bout en bout en nous faisant partager le tragique parcours initiatique du jeune héros. On pense à Pialat,  aux Frères Dardenne, à Polisse, à Mommy, mais avec cette lueur d’espoir qui fait du bien après deux heures d’une tension inouïe. Un grand film authentique… et incontournable.

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