Taxi Téhéran

En voiture Jafar !

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A quoi ça tient un bon film ? A rien, ou trois fois rien. Une idée, une seule, pourvu qu’elle soit bonne. Et celle de Jafar Panahi est très bonne, excellente… que dis-je, géniale ! Et pour le budget colossal de 32 000 euros ! Installé au volant de son taxi, Jafar Panahi sillonne les rues animées de Téhéran. Au gré des passagers qui se succèdent et se confient à lui, le réalisateur dresse le portrait de la société iranienne entre rires et émotion… Ours d’Or à Berlin cette année, le réalisateur iranien (Le Ballon blanc, Sang et Or, Le Miroir, Le Cercle, ou Ceci n’est pas un film) ne déçoit jamais, bien au contraire. Son regard, son humour, son autodérision et son immense talent font mouche presqu’à chaque fois. Une leçon de cinéma clandestin pour un portrait sans concession de la société iranienne. Un des films les plus surprenants et les plus intelligents du moment. 82 minutes de grâce !

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Jafar Panahi réalise ici son troisième film depuis son procès et sa condamnation en 2010, qui lui interdit de réaliser des films durant vingt ans (et, accessoirement, de quitter le pays). Il est au volant et afin de tourner sans se faire remarquer, l’équipe a placé trois caméras dissimulées dans le taxi. N’ayant pas de place pour d’autres membres de l’équipe technique, il  a dû, tout seul, gérer le cadre, le son, le jeu des acteurs (?) et son propre jeu, tout en conduisant son taxi. Et en avant pour cet extraordinaire docu-fiction avec des acteurs amateurs, pour ne mettre en danger aucune personne anonyme. D’ailleurs, afin de protéger l’identité de ses passagers, il n’y a pas de générique de fin. Il nous explique : Les acteurs sont tous des non-professionnels, des connaissances ou les connaissances de connaissances. La petite Hana, l’avocate Nasrin Sotoudeh et le vendeur de DVD Omid jouent leur propre rôle dans la vie. Mais ne nous y trompons pas, on s’amuse beaucoup durant cette balade en taxi. Les personnages sont pittoresques, les situations souvent cocasses et, on ne sait jamais qui joue, qui improvise, qui est filmé à son insu… un vrai bonheur. L’expression d’une joie de filmer toute cette société iranienne si complexe qui défile devant sa caméra cachée, pour un hymne superbe au cinéma et à la liberté. Décapant, drôle et indispensable. Payez vous un tour en taxi dans la capitale iranienne avec, au volant, un guide génial. La prix de la course est à la fois dérisoire et inestimable. On en redemande !

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