Une belle fin

L’homme qui va à contre sens

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J’ai découvert Uberto Pasolini lors de l’avant première parisienne de cette petite merveille de comédie décalée et so british. Mais la présentation du film par son auteur/réalisateur valait à elle seule le déplacement. Face aux 700 personnes présentes, il a osé déclaré : si vous aimez les films d’action, dans mon film il n’y a pas d’action. Si vous aimez les belles histoires, dans mon film il n’y a pas d’histoire, si vous aimez le sexe, dans mon film il n’y a pas de scènes de sexe, si vous aimez les mouvements de caméra virtuoses, dans mon film il n’y en a pas, ma caméra est toujours immobile. Si vous aimez tout cela, alors vous risquez de vous ennuyer pendant 85 minutes… il est encore temps de changer de salle pour passer une bonne soirée. Gonflé le mec, mais avec cet humour à froid qui baigne cette comédie que je vous conseille de ne rater sous aucun prétexte. Mon troisième grand coup de cœur de cette année 2015.

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Modeste fonctionnaire dans une banlieue de Londres, John May se passionne pour son travail. Quand une personne décède sans famille connue, c’est à lui de retrouver des proches. Malgré sa bonne volonté, il est toujours seul aux funérailles, à rédiger méticuleusement les éloges des disparus… Jusqu’au jour où atterrit sur son bureau un dossier qui va bouleverser sa vie : celui de Billy Stoke, son propre voisin. Le titre original, comme souvent bien meilleur que le titre choisi par les distributeurs français, n’est autre que Still Life, c’est à dire Vie immobile, (ou Encore la vie, encore mieux Nature Morte), deux mots qui décrivent parfaitement l’atmosphère de ces 85 minutes et le caractère de son personnage principal. En fin de compte, ce film sur la mort de gens oubliés est un formidable hymne à la vie, délicat, subtil et émouvant. Tout est dans les détails : observez bien, chaque fois que le héros emprunte un transport en commun, il est assis à contre sens, jusqu’à la fin, où, enfin libéré de toutes les pesanteurs, le camaïeu de gris du film s’éclaire soudain, John May desserre sa cravate, abandonne son vieux costard et enfin, il roule dans le bon sens… celui de la vie. Subtil ? Vous avez dit subtil ? Tout cela est poétique, grinçant et profondément social

Unebellefin-4Eddie Marsan est phénoménal. Sa performance est unique et bouleversante. Il nous tire des larmes de joie et de tristesse. Il a reçu le Prix d’interprétation à Venise, (tout comme Uberto Pasolini celui du meilleur réalisateur). A ses côtés ils sont tous impeccables, on citera Joanne Froggatt, Karen Drury, Andrew Buchan, C’est un très grand film, d’une originalité totale où la finesse, la mélancolie et l’humour se mêlent savamment pour le plus grand plaisir du spectateur… voilà, le grand mot est lâché : PLAISIR. Ne ratez pas cette perle britannique. Rien que la dernière scène vaut le déplacement !

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Une réponse à “Une belle fin

  1. Ce film est un petit bijou d’attentive humanité.

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