La Sapienza

Insupportable prétention

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Eugène Green s’était fait remarquer de la critique en 2002, en recevant le Prix Louis Delluc pour Toutes le nuits. Son originalité avait alors séduit ou irrité le spectateur. Il en sera de même avec ces 104 minutes de drame. À 50 ans, Alexandre a derrière lui une brillante carrière d’architecte. En proie à des doutes sur le sens de son travail et sur son mariage, il part en Italie accompagné de sa femme, avec le projet d’écrire un texte qu’il médite depuis longtemps sur l’architecte baroque Francesco Borromini. En arrivant à Stresa, sur les rives du Lac Majeur, ils font la rencontre de jeunes frère et sœur, qui donneront un tout autre tour à cette échappée italienne. Tout est beau dans ce film, les images de l’Italie de la Renaissance, le Lac Majeur et les îles Borromée, la lumière, la musique de Monteverdi,… mais voilà, il y a cette volonté de ne pas faire jouer les comédiens, et ça, c’est rédhibitoire, et confine souvent au ridicule. L’ennui s’installe et ne nous quitte plus.

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Le titre du film est une référence à l’église Sant’Ivo alla Sapienza construite par l’architecte Francesco Borromini, objet de l’obsession du personnage principal. Stresa, Turin et Rome comme décors constituent un écrin somptueux à ce film magnifiquement éclairé. Non ce qui manque c’est un scénario pour convaincre et des acteurs pour le jouer. Eugène Green tient à créer un style propre et reconnaissable entre tous qui fait furieusement penser à Robert Bresson. Même qualité des images, sobriété épurée de la mise en scène, lenteur allant jusqu’à la contemplation, mais surtout insupportable « non-jeu » des acteurs. Je sais que cette dimension comico-grotesque fait partie intégrante de sa démarche, mais je vous jure que c’est dérangeant. Voir débiter pendant 104 minutes des dialogues prétentieux d’une voix monocorde par des acteurs constamment l’œil fixe face caméra, demeure un exercice au dessus de mes forces de spectateur.

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Et je plains volontiers Fabrizio Rongione, (remarquable dernièrement dans le rôle de l’époux de Marion Cotillard chez les Frères Dardenne du formidable Deux jours, une nuit), Christelle Prot, et les jeunes Ludovico Succio et Arianna Nastro d’être obligés de se livrer à ce genre d’exercice qui doit s’avérer sacrément frustrant pour des comédiens. La critique fera sûrement ses gorges chaudes de ce film, tandis que le spectateur lambda, ce que je revendique, s’ennuiera à mourir s’il n’accepte pas la singularité inhérente au cinéma d’Eugène Green. Pour moi c’est du « Mogadon-movie »… Bonne nuit à tous !

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