Tu dors Nicole

Chronique d’un été raté

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Présenté à la Quinzaine des réalisateurs lors du Festival de Cannes 2014, ce troisième film signé Stéphane Lafleur est une comédie légère et grave à la fois, bien dans l’esprit d’un cinéma canadien qui sait toujours nous surprendre. Profitant de la maison familiale en l’absence de ses parents, Nicole passe paisiblement l’été de ses 22 ans en compagnie de sa meilleure amie Véronique. Alors que leurs vacances s’annoncent sans surprise, le frère aîné de Nicole débarque avec son groupe de musique pour enregistrer un album. Leur présence envahissante vient rapidement ébranler la relation entre les deux amies. L’été prend alors une autre tournure, marqué par la canicule, l’insomnie grandissante de Nicole. Tu dors Nicole observe avec humour le début de l’âge adulte et son lot de possibles. Ces 93 minutes filment un été caniculaire en noir et blanc, ce qui est pour le moins paradoxal, et nous parle avec pudeur d’une période de la vie souvent oubliée, les débuts de l’âge adulte.

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Entre rêve et éveil, Stéphane Lafleur nous propose un voyage sensoriel au charme minimaliste. Cette chronique de l’ennui tendre et gracieuse teintée d’un vrai sens de l’absurde évite au maximum les mouvements de caméra inutiles. Le réalisateur fait la plupart du temps en sorte que les personnages soient déjà présents dans le cadre avant de commencer la scène. Les dialogues à l’humour feutré sont doux-amers à l’image des états d’âme de Nicole… mais n’est-ce pas là un point commun à la plupart des jeunes adultes qui ne savent pas encore ce qu’ils feront de leur vie, tout en gardant cette part d’enfance qu’il est si difficile de quitter. Ici, le portrait de jeune femme est en camaïeu avec le noir et blanc choisi par le réalisateur.

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Julianne Côté a une présence très particulière, mais parvient par petites touches quasi pointillistes à donner corps à un personnage complexe qui se laisse bousculer par les petits incidents du quotidien. Catherine St-Laurent lui donne une excellente réplique. Marc-André Grondin, Godefroy Reading, Francis La Haye, Simon Larouche, Fanny Maliette, complètent une jolie distribution dans ce film qui ne demande qu’à séduire, mais encore faut-il oser aller à sa rencontre. On est rarement déçu par les productions qui nous viennent du Québec, la preuve, tout dernièrement encore, avec Mommy ou Félix et Meira. Alors, laissez vous faire !

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