Inherent vice

Enfumé

INHERENT-VICE-image-du-film-Joaquin-Phoenix-et-petit-cul-Go-with-the-Blog

Paul Thomas Anderson m’avait beaucoup déçu en 2012 avec The Master. Où donc était passé le génial réalisateur du non moins génial Magnolia en 2000 ? Il revient avec une comédie policière de 150 minutes (!?!) L’ex-petite amie du détective privé Doc Sportello surgit un beau jour, en lui racontant qu’elle est tombée amoureuse d’un promoteur immobilier milliardaire : elle craint que l’épouse de ce dernier et son amant ne conspirent tous les deux pour faire interner le milliardaire… Mais ce n’est pas si simple… C’est la toute fin des psychédéliques années 60, et la paranoïa règne en maître. Doc sait bien que, tout comme « trip » ou « démentiel », « amour » est l’un de ces mots galvaudés à force d’être utilisés – sauf que celui-là n’attire que les ennuis. Anderson est un vrai cinéaste, il a un style, une façon de filmer qui n’appartient qu’à lui. Et cette fois il filme un extraordinaire acteur. Alors ? Alors, reste le scénario, et là…

maxresdefault (2)

Inherent Vice, (Vice Caché en français), est le premier roman de l’œuvre de Thomas Pynchon à être adapté au cinéma. Après l’industrie du porno des années 70 de Boogie Nights, l’onirisme contemporain de Magnolia, le romantisme bucolique de Punch-Drunk Love et les ambitions pétrolifères du début du 20ème siècle de There Will Be Blood, le cinéaste retrouve à nouveau la Californie et les années 70, car il est originaire de Los Angeles, où il a pris l’habitude de situer l’intrigue de ses films. Au centre du scénario, un illuminé inquiet qui s’interroge sur le monde qui l’entoure et porte un regard inquiet sur la société américaine. Le film comme le roman traite de la paranoïa, personnifiée par son héros Doc Sportello. Sa paranoïa est aussi bien une métaphore politique qu’une conséquence directe de sa consommation excessive de drogues. Sans doute cette usage permanent de substances illicites ne lui permet-il sans doute pas de tout comprendre à une intrigue très alambiquée… qu’il se rassure, nous non plus ! L’esthétique rétro du film en rajoute dans la dimension onirique inhérente au monde enfumé de Doc. Le tout se déroule en 1970, c’est à dire une période charnière pour les Etats-Unis puisque l’idéalisme et le rêve propres aux années 60 ont fait place au libéralisme, au mercantilisme et à la paranoïa des années Nixon. C’est l’époque des illusions perdues mais avec un regard amusé et mélancolique sur une galerie de portraits plus gratinés les uns que les autres.

Katherine-Waterston-in-Inherent-Vice-slice

A commencer par celui campé avec gourmandise par l’extraordinaire Joaquin Phoenix, chevelu, barbu et négligé qui nous gratifie d’un numéro incroyable. Il est à lui seul, la principale raison de voir ce film. Josh Brolin, Owen Wilson, Katherine Waterstone, Reese Whitherspoon, Benicio del Toro, Jena Malone, et tous les autres sont parfaits et nous font oublier, par leurs compositions savoureuses, le côté déconcertant, bavard voire soporifique et la longueur excessive du film. Je lis ici ou là que c’est normal, voire jouissif, de ne pas comprendre les motivations des personnages ou, même, tout simplement, l’histoire. Bon admettons ! Je suis sans doute un vieux c… Mais tout de même ! J’adore le côté psychédélique, burlesque et déjanté du réalisateur, mais j’avoue que sa tentative de faire rimer humour et kafkaïen m’échappe un tantinet. Reste un film hors norme, filmé par un réalisateur flamboyant, avec un acteur inoubliable. Ça fait déjà pas mal de raisons de découvrir ce Vice caché.

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s