Enfant 44

Dans l’étau soviétique

CH44_D10-2640.CR2Daniel Espinosa filme ici un thriller implacable sur une adaptation cinématographique du roman éponyme, premier volet d’une trilogie à succès, rédigée sous la plume de l’écrivain britannique Tom Rob Smith. A l’instar du film, la trame du livre se déroule sous le régime de l’Union Soviétique et retrace les aventures de Leo Demidov, agent du MGB (la police secrète russe) intègre et dévoué, chargé d’élucider le mystère qui entoure une série de meurtres d’enfants. Le livre, lui-même, s’inspire de tristes faits réels : les crimes commis par Andreï Tchikatilo, le fameux « monstre de Rostov ». Hiver 1952, Moscou. Leo Demidov est un brillant agent de la police secrète soviétique, promis à un grand avenir au sein du Parti. Lorsque le corps d’un enfant est retrouvé sur une voie ferrée, il est chargé de classer l’affaire. Il s’agit d’un accident, Staline ayant décrété que le crime ne pouvait exister dans le parfait Etat communiste. Mais peu à peu, le doute s’installe dans l’esprit de Léo et il découvre que d’autres enfants ont été victimes « d’accidents »  similaires. Tombé en disgrâce, soupçonné de trahison, Léo est contraint à l’exil avec sa femme, Raïssa. Prenant tous les risques, Léo et Raïssa vont se lancer dans la traque de ce tueur en série invisible, qui fera d’eux des ennemis du peuple… Un film prenant, intense, tendu qui vous saisit et ne vous lâche plus. mais pour moi un très gros hic m’a gâché mon plaisir durant 120 minutes… Dommage !

maxresdefault (2)Le film a été tourné entre Prague et Ostrava, en République Tchèque. La reconstitution du monde soviétique du début des années 50 est extrêmement soignée. L’adaptation du roman est très fidèle et les personnages bien campés. Comme le scénario est plus que réussi, on est accroché à ce polar-thriller glaçant dont la tension ne faiblit pas un instant. Il faut absolument ajouter la musique de John Ekstrand qui contribue à nous faire passer des frissons dans le dos. Alors, allez-vous me dire, si tout est bon qu’est-ce qui cloche ? Tout simplement le choix qui a été fait de faire parler les acteurs américains en anglais. Il ne s’agissait évidemment pas de les faire s’exprimer en russe, une langue difficile qu’ils auraient trop mal maîtrisée. Comme la postsynchronisation est une technique systématiquement ignorée outre Atlantique, on comprend mieux… mais alors quelle est donc cette idée saugrenue voire totalement ridicule de demander à ces mêmes comédiens de parler l’anglais avec un faux accent russe… ? C’est plus qu’un faute de goût, c’est absurde et très dérangeant car on est souvent proches du fou rire.. Avouez que pour un thriller où l’angoisse est le sentiment dominant, c’est ballot.CHILD 44

A part ce lourd handicap, les dits-comédiens sont remarquables à commencer par le couple central, Tom Hardy, Noomi Rapace, bluffants de vérité tous les deux. Gary Oldman leur donne une excellente réplique. Aux côtés de ce trio on retrouve avec plaisir Joël Kinnaman, Jason Clarke, Vincent Cassel… qui bien font plus que de jouer les utilités. Lorsque ce film arrivera début avril sur nos écrans, je me poserai la question de savoir si, pour une fois, il ne vaudra pas mieux le voir en version française. C’est aller contre tous mes principes et mes choix habituels, mais c’est ici un cas de force majeure. En espérant que le doublage en langue française ne soit pas affublé de la même tare. En attendant vous pouvez lire le roman de Tom Rob Smith.

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