Birdman

Planant

BirdmankeatonPour son cinquième long-métrage, Alejandro González Iñárritu s’est inspiré d’une nouvelle de Raymond Carver intitulée What We Talk About When We Talk About Love dans laquelle on retrouve la quête incessante d’amour et de reconnaissance qui caractérise le personnage principale de ce film étonnant qui ne ressemble à aucun autre. À l’époque où il incarnait un célèbre super-héros, Riggan Thomson était mondialement connu. Mais de cette célébrité il ne reste plus grand-chose, et il tente aujourd’hui de monter une pièce de théâtre à Broadway dans l’espoir de renouer avec sa gloire perdue. Durant les quelques jours qui précèdent la première, il va devoir tout affronter : sa famille et ses proches, son passé, ses rêves et son ego… S’il s’en sort, le rideau a une chance de s’ouvrir… Film atypique et inclassable qui enchantera les uns et en déroutera sans doute pas mal d’autres, ce Birdman pose plus de questions qu’il n’en résout. Le personnage principal est en permanence en but à des contradictions extrêmes. Il a l’impression d’être le roi du monde l’espace d’un instant, et quelques secondes plus tard d’être au fond du trou et avouons-le, le spectateur avec lui. Très dérangeant.

Birdman-5La dimension surréaliste est omniprésente tout au long du métrage. En effet, l’égo de Riggan est si torturé qu’il a parfois bien du mal à distinguer rêve et réalité. De plus, l’ombre de Birdman, son alter-ego super-héroïque, rôde d’une manière on ne peut plus menaçante. Ces 120 minutes s’intéressent aux tribulations d’un comédien accroché à sa gloire passée, mais aussi à la quête d’admiration, un sentiment qui nous est commun à tous, qui est d’ailleurs exacerbé par l’avènement des réseaux sociaux et leur l’immédiateté. Je cite le réalisateur : Cette immédiateté peut facilement fausser la réalité perçue par un être humain, en particulier Riggan, qui doit se soumettre à l’image que les gens ont de lui. Parlons technique maintenant, car elle est virtuose et reste un des grands atouts du film. Les longs mouvements de caméra parfaitement synchronisés avec les déplacements et les dialogues, l’utilisation de plans-séquences, un processus extrêmement stimulant pour les comédiens qui les pousse à sortir de leur zone de confort évitant donc la multiplication de points de vue et d’angles, renforçant ainsi la dimension théâtrale du projet, la présence (parfois physique) d’un des meilleurs batteurs du monde, le Mexicain Antonio Sanchez qui a signé la bande-son et, pour cela, a enregistré et improvisé plus de 60 morceaux pour le film. La musique a d’ailleurs parfois servi au cinéaste pour mieux rythmer son film et donner le ton à ses acteurs… tout cela fait de ce Birdman, dont la majeure partie a été tournée chronologiquement à Broadway, au St. James Théâtre, situé sur la 44e rue, en plein cœur de Times Square, un grand film qui doit aussi beaucoup à son interprétation formidable.

birdman.Still135Ce n’est pas sans raisons que le réalisateur a porté son choix sur Michael Keaton qui a connu la gloire fin des années 1980 début des années 1990 en incarnant le super-héros Batman dans les films de Burton, avant de se faire rare sur les écrans. Le choix est plus qu’heureux. Keaton éclabousse le film de son immense talent. Mais, les Zach Galifianakis, Edward Norton, Naomi Watts, Emma Stone, Amy Ryan, Andrea Riseborough, Lindsay Duncan... n’ont rien à lui envier. Grand vainqueur des 87e Oscars en remportant les statuettes du Meilleur film, du Meilleur réalisateur, du Meilleur scénario et de la Meilleure photographie, j’ignore si cet « homme oiseau » trouvera son public en France et prendra son envol au Box office. A suivre ! Et vous, qu’en penserez vous ?

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Une réponse à “Birdman

  1. J’ai adoré ce film Jean-Pierre. J’ai été surprise, bluffée et scotchée sur mon siège pendant 2 h. J’ai aimé la façon dont il est filmé mais surtout aimé cette angoisse et tension permanente sur les personnages. J’avais l’impression que chacun pouvait basculer dans l’irréparable à chaque instant.
    J’ai aimé pouvoir « m’attacher » à chaque personnage, pour moi cela est devenu rare. Chacun avait sa part d’ombre bien sûr mais surtout sa part de lumière.
    un film que je recommande !!
    Magali

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